Apprendre info Une dépêche AFP datée d'aujourd'hui a éveillé mon intérêt. Elle rappelle les 15 ans d'existence du www (World Wide Web), le 30 avril dernier, et met en lumière son inventeur Sir Timothy Berners-Lee.

Ma connaissance en la matière étant en plein apprentissage, j'ai été, je l'avoue, surprise d'apprendre qu'il y a avait un inventeur au Web. Qui plus est, que cet inventeur est anglais (et physicien de formation) et que, à l'époque (1991), il travaillait au CERN à Genève sur ce nouveau projet "world wide web"! Tim Berners-Lee est donc celui à qui l'on doit le HTML (ainsi que la CSS), bref, les systèmes qui permettent à tous d'utiliser l'architecture d'internet pour diffuser et relier des éléments.

Tout cela m'intriguant beaucoup, je suis allée lire d'autres informations et, comme toujours, en remontant à "la source", autrement dit, ici, le site de Tim Berners-Lee (qui a fondé la W3C - Worlwide Consortium, dédié au développement des protocoles en open source, et enseigne au Massachusetts Institute of Technology (MIT), ayant quitté l'Europe pour les Etats-Unis). Beaucoup d'informations disponibles (en anglais toujours) dont un document très intéressant, daté de mars 2007, qui est une communication qu'il a effectué devant le Comité Energie et Commerce du Parlement Américain (sous comité internet et télécommunications ), intitulé: "Digital future of the United States - Part I "The Future of the World Wide Web".

Ce type de document est toujours intéressant, car il oblige ses auteurs à une mise en contexte, un point sur les connaissances à un instant T, et un mélange certain de prudence (ne pas effrayer) et d'audace(convaincre).

Tim Berners-Lee y rappelle quelques éléments fondamentaux. Par exemple, les trois pilliers qui président à la fondation et au développement futur du web:

- la possibilité illimitée d'établir des liens (links).

- des standards techniques (les bases) en open source (il prend l'exemple des voitures, qui est sans doute bien connu, en disant que n'importe quelle voiture fabriquée dans le monde peut rouler sur n'importe quelle route, n'importe où).

- la possibilité d'indépendance/de séparation, entre ceux qui transportent l'information, qui fournissent les applications, les serveurs, etc.(il ne s'étend pas vraiment sur la question et j'avoue que j'aimerais bien lui poser pour connaître sa position réelle car, si la possibilité existe (ce qui n'est déjà pas mal!), la réalité tendrait à prouver un léger glissement vers le regroupement).

Il souligne au passage le fait qu'il y a 15 ans, il y avait 1seule page Web et 1 seul site; en 2007, il y en avait 100.000.000 (sites)! Arrêtez-vous un instant sur ces chiffres. Quinze ans, ce n'est absolument rien au regard de tout développement issu de la recherche et des technologies. C'est dire les développements qui sont devant nous.

Sur le futur du Web, il décrit beaucoup de choses, mais je ne retiendrai ici que quelques points qui me semblent fondamentaux. Il évoque bien sûr le développement de la technologie LCD qui va permettre une présence du Web dans nos voitures, sur les murs des immeubles ou sur nos frigidaires. Il insiste sur les données (data), centres du Web sémantique: pour lui, le développement majeur est le fait que ce ne sont plus simplement des liens vers des pages/documents, mais la possibilité d'accéder et de lier des données mondiales.

Et il s'arrête longuement sur le point suivant: autant il oeuvre, avec d'autres*, sur le développement et l'amélioration des possibilités d'accès à ces données, autant, il met en garde sur ce qui relève de l'intime (privacy), du privé. Cette accessibilité qui se développe va, d'une certaine façon, remodeler l'espace public. Que sommes-nous prêts à voir diffusé/révélé de nous-mêmes dans ces nouveaux espaces? Sans oublier aussi la question de l'utilisation à des fins commerciales de certaines données, ou de possible déviances dues à des monopoles (de sociétés, d'états).

En résumé, le développement du Web a deux grands axes:

- l'axe technologique ("ce qui permet aux ordinateurs d'intéragir").

- l'axe sociétal ("les conventions qui déterminent comment les gens veulent, et sont autorisés à, interagir").

C'est un domaine passionnant, mais je pense qu'en l'utilisant, et en contribuant à son développement -pour ceux qui le font- il convient de garder à l'esprit ces deux phrases et leurs implications multiples pour les années à venir!

* Il y a notamment à Southampton un "Web Science Research Intitiative", dédié aux projets "open", collaboratifs, innovants sur le Web; avec visiblement une Fondation; avis aux développeurs de génie!