Télé d'antan & Outils d'aujourd'hui

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - identité numérique

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi 18 mars 2009

Identité numérique et les autres

guidelineToujours en train de réfléchir à l'aide du débat du mois.

Cette fois, je pense plutôt comportement:

''Le comportement d'un être vivant et, plus généralement, de tout autre système est la partie de son activité qui se manifeste à un observateur.

Le comportement des animaux, humains et non-humains, peut être décrit comme l'ensemble des actions et réactions (mouvements, modifications physiologiques, expression verbale, etc) d'un individu dans une situation donnée.''

Bon évidemment, enlevez ici la partie "modifications physiologiques". Enlevez aussi les "non-humains", on en parlera une autre fois (quoique)!

On en revient toujours à la même chose, il en va de l'identité numérique comme de la vie quand même, vous pouvez être élégant et discret ou ostentatoire et bavard, par exemple. A ceci prés qu'ici, ça va d'une certaine façon beaucoup plus vite, que les écrits restent et qu'il y a aussi une distance et, parfois, un décalage.

Avec les blogs et Twitter par exemple, je pense souvent à l'histoire que raconte l'écrivain Italo Calvino dans Cosmicomics (un livre à découvrir si vous ne connaissez pas!) avec le personnage de Qfyfq :

Qfyfq est, disons, un habitant de l'univers depuis la nuit des temps. Un jour, regardant dans son télescope il aperçoit, dans une galaxie située à des milliards d'années lumière, une pancarte qui dit "Je t'ai vu".

Commence alors pour lui une longue série d'interrogations pour essayer de savoir ce qu'il faisait précisément ce jour là, deux cent millions d'années plus tôt! - avec de savants calculs sur le temps et la vitesse de la lumière - Il n'est pas sûr de ne pas avoir été irréprochable, consulte son journal, observe les autres galaxies pour essayer de voir d'autres signes, au cas où d'autres auraient vu aussi, et savoir ce qu'ils peuvent bien penser de lui. Finalement, après une longue introspection, il hésite entre deux pancartes "Et alors?!", " Est-ce que tu as tout vu, ou seulement une partie?"...

N'en va-t-il pas un peu ainsi de temps en temps?

Tiens, et prenons Twitter par exemple, si présent. Je ne sais pas comment font ceux qui ont 1000 ou même 100 personnes qui les "suivent" (ne vous retournez surtout pas!). Certains en ont besoin, ne serait-ce que de part leur activité, mais sinon? En ce qui me concerne, si je "suis" c'est parce que...je veux suivre justement. On peut aussi ne pas parler trop souvent et essayer d'écouter; non mais, c'est vrai!

Et, pendant que j'en parle, je pense aussi à tout ceux qui font des choses silencieusement sur le Web. Les discrets et élégants que je ne peux pas citer, et pour cause. Je crois que c'est une des choses que j'apprécie le plus dans les codes et usages en vigueur par ici.

J'ai vu des choses "magiques" (pour moi) auprès de ceux qui maîtrisent la technique et qui connaissent le Web et ses langages - presque - comme leur poche. D'aucuns vous donnent un coup de pouce sans rien dire (et parfois, c'est caché, il faut bien chercher!), d'autres pointent quelque chose qui va vous intéresser, mine de rien, mais s'arrangent pour que vous puissiez le voir, d'autres - bien plus occupés que vous - qui prennent le temps de vous répondre et d'adresser un signe (mais il ne l'affichent pas nécessairement). D'autres encore avec qui vous échangez et qui n'en diront jamais rien, juste présents aux bons moments. Dans ce monde où la visibilité prime, chapeau bas.

Alors, hommage à tout ceux là. Et que voilà de belles identités numériques...

Pour la musique, Gilbert O' Sullivan Alone again.

Crédit Photo

mercredi 11 mars 2009

Identité numérique (ressources)

lecture_des_petitsSecond billet sur la question dans le cadre du débat du mois. Cette fois pour donner quelques ressources - qui ne sont pas que les miennes. Pas des outils, non, des personnes que je lis et dont j'essaie de suivre, un peu, l'activité. J'observe aussi leurs usages, comment ils utilisent tous ces outils car, c'est aussi par l'exemple qu'on apprend!

J'en citerai quatre donc. Deux de plus longue date (les premiers dans la liste), et deux récents.

Fadhila Brahimi, que l'on ne présente plus, qui est aussi bien connue sur cette plateforme, et qui n'a de cesse de conseiller et explorer autour de ces questions avec générosité. Vous remarquerez que c'est son nom que l'on trouve, quels que soient les réseaux, pas un prénom ou un pseudonyme.

Christophe Blazquez, bien connu aussi sur cette plateforme, et qui est aussi particulièrement pertinent pour les chercheurs d'emplois-blogueurs que nous sommes.

Emmanuel Gadenne, qui expose et analyse les usages du web, à partir de sources françaises et anglophones. Sur l'identité numérique, voir le billet New ideas about digital identity par exemple. Et, proche du point de vue exprimé dans la vidéo en question, voir aussi mon billet Mode mémorial.

Richard Peirano, à la fois sur Connaissances en mouvement, et avec ce billet dont je vous recommande la lecture, intitulé Sur l'identité numérique, Entrenet, pour réflexion.

Bonnes découvertes!

Crédit photo

EDIT dans le sujet "identité numérique" et pour ceux qui ne l'aurait pas lu, le billet de Micro Observatoire Démocrate intitulé FaceBook, le meilleur ami du détective privé, ou comment une profession s'adapte aux temps modernes.

Identité numérique

GattacaSi l'on m'avait dit un jour - pas si lointain - que je serai amenée à débattre de l'identité numérique et de e-réputation, j'aurais sans doute pensé à Bienvenue à Gattaca ou à 1984...

Le thème de ce débat du moi(s) sur Régionsjob me réjouit puisqu'il comporte côté-à-côte deux mots bien d'aujourd'hui, riche de problématiques. J'y consacrerai surement plus d'un billet.

Avant même d'évoquer le numérique, un petit détour par le mot identité s'impose.

Vaste sujet...si je puis dire. Des sociologues aux anthropologues en passant par la psychanalyse et la psychologie, il y à de quoi dire, surtout aujourd'hui.

Rappelez-vous, on nous a suffisamment souligné que nous étions dans une époque où le moi règne en maître. Celui qui cherche à s'exprimer, à s'exposer, à se mettre en valeur, à se conforter. On a aussi souligné combien les blogs (ces journaux de bord) étaient des divans ou des salons, c'est selon.

Seulement, plus je les fréquente, plus je pense que - même si certains fondamentaux demeurent, en fonction des individus - ces blogs contribuent plutôt à construire l'identité (numérique) justement.

Je m'explique. Il faut quand même des définitions, mêmes succinctes, et même si je croise volontairement psychanalyse et sociologie.

Sur le moi: La personnalité égoïste. (psychan.) Instance régulatrice de la personnalité, distincte du ça et du surmoi, et permettant à l'individu de s'équilibrer entre les pulsions et la réalité. (Source mediadico) - et, non, je ne donne pas les définitions du Ça et du Surmoi, je ne s'en sort plus (et, oui, les lacaniens peuvent sourire à ce stade!).

Sur l'identité, je vous renvois à cet article limpide de Dominique Wolton (sociologue, chercheur CNRS), dont je cite ici un passage (qui est un point de vue issu de l'anthropologie):

En fait, l'identité est un concept qui permet de définir le résultat de l'activité de constitu–tion du moi. L’identité est une synthèse du moi soumis à différentes aspirations et temporalités, à différentes stratégies et relations sociales.

Cette approche me semble bien adaptée à ce qui se passe avec l'identité numérique, car elle contient ces différentes dimensions.

Il y a aussi un concept finement élaboré par Winicott (pédiatre, psychanalyste), et qui semblerait bien approprié à ce vers quoi pourrait tendre l'identité numérique pour exister: le self. Si vous me lisez toujours, voici une explication:

Le self, c'est à la fois le Moi, le ça et une partie du Surmoi. C'est la partie la plus créatrice de notre personnalité, c'est celle qui imagine, qui joue. C'est le fondement du symbole, qui nous donne le sentiment d'exister. C'est la partie que nous reconnaissons comme étant nous-même, nous représentant spécifiquement. Le vrai self est un état où on a suffisamment confiance en soi et en l'environnement pour être soi-même. Le self nous donne l'impression de notre identité, de notre intimité.

Donc, pour résumer: construire (je ne dis pas maîtriser) une identité numérique suppose de savoir qui l'on est, ce que l'on veut, le tout en interagissant avec les autres dans des temporalités différentes, en étant créatif et attentif et, surtout, en étant soi-même!

Crédit Illustration

mercredi 28 janvier 2009

Mode mémorial!

les-trois-ages-de-l'homme L'un des derniers billets de notre Modérateur (sur la gestion de l'identité sur Facebook), m'a entrainé dans des lectures matinales sur la question de l'identité numérique, toujours débattue, ce qui est une bonne chose.

Chacun - et surtout lorsque l'on fait ses "premiers pas" sur le Web - devrait se documenter sur la question. Le problème, lorsqu'on fait son apprentissage en la matière c'est que, par définition, on n'y pense pas forcément! Il faut un peu, beaucoup, de pratique pour commencer à en cerner les enjeux (au-delà de "ne laisse pas traîner tes veilles photos") et les outils permettant de "gérer" au mieux la dite identité.

Mais, juste, revenir un instant sur le point de départ: qu'est-ce qu'une identité? (non, je ne vais pas me lancer dans une dissertation de philo!).

L'identité est ce qui détermine. Ici, un individu, vous, moi. Par "nature" en ce qui concerne un être humain, elle est changeante. Les occasions de la vie, évènements, changements (professionnels et familiaux), l'évolution de chacun (nous ne sommes pas identiques à 14 ans et à 50 ans!), la maturation, les questionnements, les interactions avec l'extérieur (nous ne vivons pas sur une île déserte!), avec les autres...

Or, cette "gestion" de l'identité numérique, sur le fond, c'est un peu comme si elle visait à être, comment dire, plus que parfaite. L'introduction de l'outil informatique vs l'être humain voudrait presque gommer tous ces différents stades. L'individu sur le net se devrait d'être presque "lissé", sans failles. Mais, il n'en est rien.

C'est peut-être la différence (attention: philo!) entre l'observation (introduite par les sciences et techniques) et le sentiment intérieur, la réflexion et le questionnement, issus des sciences humaines.

Le vieux débat entre science et philosophie - écouter à ce sujet l'excellente et, un peu ardue, Conférence de l'Académie de Sciences (janvier 2008), Canal Académie: "Définition de l’identité : la réconciliation entre philosophes et scientifiques" qui rappelle:

Il est donc indispensable pour expliquer l’identité de l’être humain, d’admettre une pluralité de points de vue et une multiplicité de niveaux de connaissance de sa réalité.

Tout ceci ne veut bien-sûr pas dire qu'il ne vaut pas y veiller, ni même ne pas consulter les "conditions générales d'utilisation" de tous les sites sur lesquels vous pouvez être inscrits!

Juste, ne pas oublier que nous sommes humains, et donc changeants; responsables (normalement) et donc à même d'assumer notre identité à multiples facettes.

Enfin, pour questionner les limites - toujours intéressant, cela permet souvent de mieux comprendre - deux billets (qui ont inspiré le titre de celui-ci!), l'un de Demain la veille "Identité numérique post mortem" (qui invite aux contributions) et l'autre de Rue89, "Qu'est-ce qui arrive aux comptes Facebook après la mort?"


Découvrez Charlie Winston!

NB: Google, tu peux indexer ce billet et le conserver ad vitam eternam, si tu en es capable! On en reparle dans 100 ans...

Crédit Illustration: Les Trois Ages de l'Homme - Giorgione

page 2 de 2 -