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lundi 3 octobre 2011

Traces numériques

definitionReuters le 30 Septembre dernier publiait un article qui semble faire le tour du web depuis: Internet firms co-opted for surveillance.

De quoi s'agit-il? Du fait que la police ou les agences gouvernementales aient accès de plus en plus facilement à nos données disséminées via - et avec la collaboration de - les différents réseaux sociaux et sites, et en particulier, les plus utilisés: Google, Facebook et Twitter.

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samedi 7 août 2010

Je suis donc je tweet

glasses Un billet inspiré une fois encore d'un article en provenance des États-Unis, intitulé "I Tweet, Therefore I am" - Je tweet donc je suis - signé Peggy Orenstein (30 Juillet - New-York Times).

L'auteur - et écrivain - dans un article savoureux - et typiquement américain - décris comment, alors qu'elle en est venue à utiliser tardivement mais régulièrement Twitter, elle se pose des questions sur la nature de notre personnalité depuis qu'elle est exposée "en ligne". Ce qui nous constitue et ce que nous construisons/montrons de notre personnalité aux yeux de "tous" sur le Web.

Elle décris une scène estivale d'un samedi matin, où elle est dans son jardin avec sa petite fille, toutes deux allongées sur une couverture, riant, mangeant des abricots et écoutant la lecture d'un classique de la littérature enfantine. Il s'agit d'un bon moment, un moment qu'elle semble considérer comme rare, et elle a soudain envie de "tweeter" pour en rendre compte ("I realized excitedly, the perfect opportunity for a tweet"), alors que, dit-elle, elle devrait être pleinement présente, toute à cet instant.

Elle choisira finalement de restituer ce moment sous la forme du tweet (140 caractères) suivant: “Listening to E.B. White’s ‘Trumpet of the Swan’ with Daisy. Slow and sweet.”( En train d'écouter"Trumpet of the Swan" avec Daisy. Doux et délicieux. <Littéralement en fait: lent/calme et doux). Elle constate qu'il s'agit plus dans sa façon de le restituer d'une composition, que de ce qu'elle ressent vraiment. D'où son interrogation: "Je me demandais alors ce qui, de mon fluxTwitter ou de moi façonnait l'autre?"

Elle cite ensuite des études qui tendent à démontrer notamment que le fait d'être présent sur les réseaux sociaux illustre la phrase: Your psychology becomes a performance. Et d'ajouter: "quand nos amis deviennent des fans, qu'advient-il de notre identité?", pour s'interroger sur cette - dit-elle - auto-promotion constante.

Serions-nous donc aujourd'hui dans nos présences digitales dans une représentation par trop appuyée? Une construction qui nous éloignerait de ce que nous sommes "vraiment"?

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mercredi 11 mars 2009

Identité numérique

GattacaSi l'on m'avait dit un jour - pas si lointain - que je serai amenée à débattre de l'identité numérique et de e-réputation, j'aurais sans doute pensé à Bienvenue à Gattaca ou à 1984...

Le thème de ce débat du moi(s) sur Régionsjob me réjouit puisqu'il comporte côté-à-côte deux mots bien d'aujourd'hui, riche de problématiques. J'y consacrerai surement plus d'un billet.

Avant même d'évoquer le numérique, un petit détour par le mot identité s'impose.

Vaste sujet...si je puis dire. Des sociologues aux anthropologues en passant par la psychanalyse et la psychologie, il y à de quoi dire, surtout aujourd'hui.

Rappelez-vous, on nous a suffisamment souligné que nous étions dans une époque où le moi règne en maître. Celui qui cherche à s'exprimer, à s'exposer, à se mettre en valeur, à se conforter. On a aussi souligné combien les blogs (ces journaux de bord) étaient des divans ou des salons, c'est selon.

Seulement, plus je les fréquente, plus je pense que - même si certains fondamentaux demeurent, en fonction des individus - ces blogs contribuent plutôt à construire l'identité (numérique) justement.

Je m'explique. Il faut quand même des définitions, mêmes succinctes, et même si je croise volontairement psychanalyse et sociologie.

Sur le moi: La personnalité égoïste. (psychan.) Instance régulatrice de la personnalité, distincte du ça et du surmoi, et permettant à l'individu de s'équilibrer entre les pulsions et la réalité. (Source mediadico) - et, non, je ne donne pas les définitions du Ça et du Surmoi, je ne s'en sort plus (et, oui, les lacaniens peuvent sourire à ce stade!).

Sur l'identité, je vous renvois à cet article limpide de Dominique Wolton (sociologue, chercheur CNRS), dont je cite ici un passage (qui est un point de vue issu de l'anthropologie):

En fait, l'identité est un concept qui permet de définir le résultat de l'activité de constitu–tion du moi. L’identité est une synthèse du moi soumis à différentes aspirations et temporalités, à différentes stratégies et relations sociales.

Cette approche me semble bien adaptée à ce qui se passe avec l'identité numérique, car elle contient ces différentes dimensions.

Il y a aussi un concept finement élaboré par Winicott (pédiatre, psychanalyste), et qui semblerait bien approprié à ce vers quoi pourrait tendre l'identité numérique pour exister: le self. Si vous me lisez toujours, voici une explication:

Le self, c'est à la fois le Moi, le ça et une partie du Surmoi. C'est la partie la plus créatrice de notre personnalité, c'est celle qui imagine, qui joue. C'est le fondement du symbole, qui nous donne le sentiment d'exister. C'est la partie que nous reconnaissons comme étant nous-même, nous représentant spécifiquement. Le vrai self est un état où on a suffisamment confiance en soi et en l'environnement pour être soi-même. Le self nous donne l'impression de notre identité, de notre intimité.

Donc, pour résumer: construire (je ne dis pas maîtriser) une identité numérique suppose de savoir qui l'on est, ce que l'on veut, le tout en interagissant avec les autres dans des temporalités différentes, en étant créatif et attentif et, surtout, en étant soi-même!

Crédit Illustration