Je reviens, comme promis, sur l'article de Nicholas Carr "Is Google making us stupid?", en ayant aussi parcouru les 86 commentaires laissés chez Framablog (qui a effectué le travail de traduction française dudit article).
C'est très intéressant à lire car la plupart on pris le temps de répondre en argumentant et/ou en donnant d'autres ressources.
Avant d'autres billets (plus orientés neurosciences) je poursuis quand même ici quelques grandes lignes:
- Nicholas Carr s'interroge sur le fait que depuis qu'il utilise Internet (10 ans tout de même), il lit moins. Ou plutôt, il indique que sa "concentration" commence à s'amenuiser "au bout de deux ou trois pages" - peut-être a-t-il un peu vieilli en 10 ans?! - (Pardon, mais nous en sommes tous là, enfin, plus ou moins!), et il dit qu'il a du mal (bien qu'étant écrivain et universitaire) à poursuivre de véritables lectures.
Il a le mérite de poser la question et d'ouvrir la réflexion. Mais qu'en penser?
Je suis moi-même disons, une lectrice passionnée. Des livres, il s'en trouve à peu prés partout chez moi, dans des domaines très différents, dans des langues différentes, dans des formats différents. Pour ceux qui connaissent l'écrivain Jose Luis Borges et ses labyrinthes, c'est un peu l'esprit! Si j'écris ceci, c'est juste parce que je me sens concernée parce qu'énonce Nicholas Carr.
Suivant les périodes, je lis plus ou moins. Mais enfin - soyons clairs - si je lis moins, c'est juste parce que je ne prends pas le temps de lire. En aucun cas, je ne pense que l'usage (et la lecture donc) de ce qui est publié sur le Web ne change mes capacités à lire des textes longs et/ou denses. C'est plutôt une question d'organisation: je coupe mon ordinateur et choisi de lire si je veux me concentrer sur autre chose. Reste à vérifier (ce que j'essaierai de faire) s'il existe des études version neurosciences qui tendraient à pointer autre chose.
Plus globalement, une chose, qui cette fois, disons, aurait tendance à m'exaspérer: l'usage du Web et des recherches qu'on peut y mener favoriseraient le "papillonnage". Entendez: sauter d'une ressource à une autre, être peu concentré, faire plusieurs choses en même temps...
Certes, les geeks savent faire (être à plusieurs endroits à la fois en étant concentrés!!). Mais, pour le commun des mortels, là encore, je pense que c'est une question d'organisation et d'usage.
Mener une recherche suppose d'être concentré et de se restreindre à l'objet de ses recherches (demandez aux documentalistes, il existe des méthodes). C'est probablement là qu'il y a des choses à apprendre. Tout le monde ne sait pas chercher de la même façon (demandez à ceux qui font de la veille d'information). Nous avons sans doute besoin d'apprendre à structurer des recherches (et il y a du travail du côté de la jeune génération, mais, c'est tant mieux, non?). C'est une question de méthode, et ceci est valable hors du Web.
Suivant ce que je recherche, ce que je fais, je n'utilise pas le Web de la même façon: effectuer une recherche ou lire des blagues, visionner des films , consulter de l'information type news, chercher une recette (et me laisser emmener vers une autre), aller sur Twitter, etc.
Bien, je m'arrête là pour aujourd'hui, puis qu'il convient de faire attention à la taille des billets... Comme si personne sur le Web n'était capable de lire - quand il en a l'envie et la motivation - au-delà de trois lignes! Je poursuivrai sans doute dans un prochain billet sur l'aspect association d'idées et pensée...