
En ce moment, je lis beaucoup et me documente sur Internet et le Web, répondant toujours à la nécessité de comprendre ces outils, savoir s'en servir, envisager les transformations qu'ils induisent dans la société.
Un article de Chris Minnick publié dans l'intéressant Internet Evolution (le magazine électronique d'IBM) m'a mis la puce à l'oreille (si j'ose dire!) sur une question que je me posais depuis un moment.
L'article porte sur les différentes églises qui fleurissent sur le Web (ce qui n'est pas le sujet ici), et cite notamment l'exemple de The Church of Google, un exemple d'autodérision sur Google comme nouvelle divinité, démontré en 9 points (c'est très drôle). En réfléchissant, je me suis demandée si, en restant dans l'idée, la divinité sur le Web c'était le fournisseur de contenu?
La réponse est certainement: oui, mais nous sommes encore dans une société polythéiste, dotée d'églises puissantes et peu nombreuses!
Je m'explique: le contenu doit être transporté, distribué et stocké mondialement. La question que je me posais est celle du stockage des données mondiales (avec les quantités nécessitées pour des contenus de plus en plus riches et exponentiels: textes, images, vidéos etc). Si je réfléchis à celà, c'est essentiellement pour deux raisons: celle qui concerne le fonctionnement à long terme des WebTV enrichies, et celle qui concerne le futur du Web comme une sorte de mémoire pour les sociétés, et les individus.
Donc, comment ça marche? Qui fait quoi?
C'est là que j'ai découvert les Data Farms (fermes de données); visiblement, si j'ai bien compris, ces gentilles fermettes de milliers de m2 sont surtout implantées aux Etats-Unis.
Elles nécessitent du personnel, des machines, de gros investissements, des lignes à haute tension et des systèmes de climatisation performants. Ce qui voudrait dire sans doute que notre monde virtuel produit une pollution énorme et bien réelle! Au passage, j'ai découvert les termes suivants: Yottaoctet, un Yo étant équivalent à un million de milliard de milliards d'octets...et aussi pétaflops, soit 1 million de milliards d'opérations mathématiques à la seconde (ça, ce n'est pas pour tout de suite)....essayez d'imaginer le traffic et la production mondiale à stocker!!

Nos "stockeurs" mondiaux ont inventé récemment pour les NAS, SAN et VTL (systèmes de stockages) les serveurs virtuels (processeurs type X86): alors là, pour moi, c'est de la science fiction! Parce que virtuels oui, mais ils doivent bien stocker aussi quelque part! J'avoue avoir du mal à comprendre. J'ai l'impression qu'il s'agit d'applications qui permettent de pallier à l'encombrement et la panne de certains serveurs, comme un service +. Si certains ont des lumières, qu'ils les apportent!
Ces serveurs virtuels ne font pas l'unanimité, suivant qui les fabrique. Et là, nous arrivons au "qui fait quoi"...Je suis allée sur différents sites des fournisseurs mondiaux (je vous recommande la démarche pour comprendre ce qui se joue). Sur le site de NettApp (anciennement Nett Appliance), il y a un blog, Le blog de Dave qui a procédé à un classement personnel des différentes églises sociétés mondiales leaders sur le marché (les facteurs du classement sont multiples, et certaines données peuvent avoir changé depuis, mais cela donne une idée): selon ce classement de 2007, au monde, ils sont 27, dont 6 majors (comme CISCO Systems ou Microsoft).
La vraie puissance de demain, c'est eux...avec les fournisseurs de contenu (autre histoire, trop longue que je raconterai dans un prochain billet).
Contrairement aux anglo-saxons, en France, nous ne réfléchissons pas beaucoup à ce type de questions (il y a quand même des analyses, heureusement). Pour continuer à utiliser ce formidable outil collaboratif, nous devrions peut être poser les bonnes questions au bon moment au risque, sinon, de devoir suivre le mouvement et les règles dictées par d'autres...
Illustration 1: Mandelia



