Télé d'antan & Outils d'aujourd'hui

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lundi 25 janvier 2010

Twitter et les autres

Twitter2 Cela commence exactement comme dans toutes ces problématiques.

Bizarrement, par un titre en franglais dont le premier mot ne dit encore strictement rien à de nombreuses personnes.

Certes, pas par ici dans le monde numérique, mais, plus largement.

Pourtant, quoiqu'en disent certaines études (sur la croissance en retrait ou consolidée de Twitter), en ce qui me concerne, je constate - modestement, mais de façon régulière - qu'apparaissent sur ce service des personnes qui sont plutôt de nouveaux utilisateurs francophones.

C'est pour prolonger des discussions récentes sur la question de ces usages que je publie ce billet, toujours en pensant à ceux qui en sont moins familiers.

Au-delà, même lorsque ces utilisateurs sont déjà aguerris en ce qui concerne Internet et le Web, ils restent parfois décontenancés par l'oiseau, dubitatifs, et, finalement, ils ne sont peut-être pas les seuls, si j'en crois les contenus que je lis encore souvent en ligne, aussi.

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lundi 6 juillet 2009

Télé d'antan, Outils d'aujourd'hui

Ete_TIC Manque l'Esperluette dans ce titre (n'en déplaise à la vraie) - oui, le signe & - celui qui lie les choses, et qui, ici, pourrait relier télévision et Web.

Car je reviens des étés TIC de Rennes, et notamment d'un atelier intitulé "La diffusion audiovisuelle et les nouveaux médias".

Vous imaginez bien que je ne pouvais louper ceci: la télévision, d'où je viens, le Web, où je veux aller (professionnellement s'entend), dans l'idée de lier les deux en utilisant de "nouvelles" formes.

Comme je maîtrise l'un et que je n'ai de cesse d'observer et d'apprendre de l'autre, j'avais hâte d'écouter ce qui allait s'y dire.Y aurait-il - enfin - des passerelles, des adaptations, des synergies? Les uns se risqueraient-ils à "l'aventure" du numérique? Les autres penseraient-ils des contenus audiovisuels innovants?

Pour en parler, deux acteurs circonstanciés: Jean-Luc Nelle ( Directeur général de TV Rennes 35 et Président de TLSP, l'union des télévisions locales de service public) et Bruno Westeel ( Directeur Marketing en charge des Services Mobiles Multimédia chez Alcatel Lucent). L'animation du débat était assurée par Jean-François Bertrand du Conseil régional de Bretagne.

La présentation est importante, car l'un vient donc de la télévision et du service public, et l'autre du privé et d'un grand groupe spécialisé en réseaux haut débit, technologies IP, etc (pour les précisions, voir par ici).

Lors des échanges, il a notamment été question d'économie - le nerf de la guerre:

- Côté télévision locale: comment financer. Ici, on parle du soutient des collectivités territoriales et de syndication de programmes - je ne vais pas refaire l'historique des télévisions locales, longue, très longue histoire, toujours en recherche d'équilibre et de viabilité.

- Côté grand groupe, la TMP (Téléphonie Mobile Personnelle) par exemple et ses applications.

- Côté télé d'antan & outils d'aujourd'hui: comment trouver et fédérer une audience à travers des contenus adaptés. Avec une analyse très pertinente (Bruno Westeel): adapter le fonctionnement des réseaux sociaux, des communautés d'intérêts à ces services (à quand des WikiTV demande-t-il par exemple). <- à quand vous voulez, c'est une idée qu'il me plairait de développer!!

Rennes1 Avec ces problématiques, surgit très vite pour les professionnels un autre questionnement autour de l'économie et des contenus. Et là, en écoutant les interventions, je m'aperçois que depuis que j'ai quitté l'audiovisuel, les choses ont - changé certes - mais pas tant que cela.

Je rappelle qu'il y a quatre ans, quand les producteurs (dans leur majorité) entendaient parler de V.O.D - par exemple - ils considéraient cela comme une sorte de vague utopie, sans économie possible. Certains poussaient des cris d'orfraies, d'autres s'en désintéressaient. Les diffuseurs (entendez: les chaines de télévision) ont été eux plus rapides, et c'est normal. Vidéo dites de "rattrapage", actualité, exclusivités pour le Web, etc...

Or, tout ceci pose, encore et toujours... la question des droits - souvenez-vous: Hadopi! Pour pouvoir diffuser des contenus audiovisuels il faut acheter ou vendre des droits (de manifestations sportives, d'auteurs, etc). Outre une création spécifique, le stock (de programme) est énorme, mais les droits souvent non négociés - ce qui suppose de les "lever", c'est à dire de mener de longues et minutieuses enquêtes et négociations* auprès de ceux qui les détiennent, ou bien de les inclure, puis... de payer.

On en revient à l'économie.

Bruno Westeel (Alcatel-Lucent) a donné quelques exemples très parlants: notamment celui des accords passés entre Google et les majors côté musique - sous entendu: observons ce qui se pratique déjà -, avec les accords conclus pour la Chine: les majors ont accepté de laisser Google diffuser sur ce territoire, en échange de 50% des revenus de la publicité. Voilà une démarche futée: plutôt que d'essayer de contrôler l'incontrôlable, mieux vaut être assuré d'un minimum de recettes.

Certains ont aussi renoncé aux fameux DRM (Digital Rights Management), et passent des accords de ce type. Mais, ceci ne se joue pas partout, loin s'en faut!

Quand je vous répète à longueurs de billets qu'il faut une réforme du droit d'auteur et des modes de rémunération, et que rien ne sert de tenter de contrôler à tout va (pour jouer "les pompiers", dixit)... Parce qu'il semble que beaucoup continuent d'avancer à l'aveuglette au lieu de prendre le taureau - numérique - par les cornes (<-oui, bon). En d'autres termes: au lieu d'ouvrir le chantier, d'innover, de dépoussiérer, d'adapter, l'ancien monde se méfie du nouveau. Ce n'est pas nouveau justement, mais quand même! Que ces forces d'inerties m'exaspèrent. La technologie (en Occident) est globalement là et, pour le reste, on pinaille sans essayer - souvent, mais pas toujours - de voir plus loin que le bout de son nez.

Pour trouver un équilibre financier, pour laisser accéder gratuitement ou à moindre coût - ce qui existe historiquement pour la télévision - il faut s'attaquer au chantier (et pas prohiber).

Nous sommes dans une ère numérique qui, même si elle n'est pas encore limpide pour tous, est bien présente: dans nos environnements immédiats (de façon "invisible" aussi car inclue dans des technologies dont nous ne voyons même plus le fonctionnement - des CD aux passes du métro, pour ne citer que ceux là -) , dans nos usages, notre quotidien.

Il est urgent de la penser et de s'y adapter.

Tiens, pour finir et en guise de conclusion, prenons l'exemple des enfants, ceux qui seront là demain: vous aurez sans doute remarqué qu'à deux-trois ans, ils sont déjà familiers d'un écran d'ordinateur et qu'ils savent manier très vite les télécommandes, claviers, et autres boutons (générateurs de satisfaction, de distraction, notamment). C'est déjà inscrit dans leur environnement.

Face à cela, on peut choisir d'ignorer (vive l'avenir!), ou, au contraire, de prendre le temps d'y réfléchir, d'en penser les différentes facettes, d'essayer d'éviter le pire, et surtout, d'y construire le meilleur.

Rennes2

  • Côté droits, et puisque nous sommes sur un blog emploi: pour ceux qui voudraient m'embaucher, sachez que je maîtrise la question ayant passé des années de négociations sur des archives et des contrats...

NB: après ces "envolées", un autre billet suivra pour restituer un peu l'ambiance générale des étés TIC et d'autres ateliers.

mardi 21 avril 2009

@Web 7 bonnes raisons

Le 28 avril* se rapproche - pour ceux qui auraient oublié. Aujourd'hui un billet sous forme de quizz pour tester un peu (sans se prendre trop au sérieux, et avec un soupçon de militantisme) quelques connaissances sur Internet et le Web.

C'est ce billet qui m'en a donné l'idée. C'est aussi pour mesurer la distance qui existe entre les utilisateurs avertis, dilettantes ou occasionnels. Pour, toujours, tenter de contribuer à expliquer et partager cette culture numérique.

Bien-sûr, ce quizz n'engage que moi et mes connaissances, et il se veut à plusieurs niveaux. Pour ceux qui ne connaissent pas bien le principe: il suffit d'entrer un nom - c'est anonyme donc puisque vous pouvez choisir n'importe lequel ! - puis de répondre. En fonction des résultats, je ferai une synthèse pour vous dire ce qu'il en est.

Bonne découverte! (et n'oubliez pas que vous pouvez continuer à vous documenter en cherchant plus avant des explications sur Internet).

Internet & Web, que savez-vous?
1) Que signifie www?
World Wild Web
World Wide Web
West Wild Web
Wonderful Willing Web
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  • Le Mardi 28 avril 2009 est la date à laquelle le projet de Loi H.A.D.O.P.I devrait être présenté à nouveau au vote des parlementaires, malgré le rejet du 9 avril dernier.

Option musique pour ce billet: Rufus Wainwright - Across the Universe - Nothing 's gonna change my world.

vendredi 17 avril 2009

@Web 11 bonnes raisons

satellites Un billet par jour d'ici au 28 avril, cela fera 11 occasions, et bonnes raisons de parler du Web. C'est à la fois peu et beaucoup. Je me demandais hier par où commencer - vu la taille du sujet! - pour tenter d'expliquer la rupture qu'il représente.

Et puis, je me suis arrêtée sur les mots temps et espace. Voilà deux notions qui représentent un vrai changement dans la société.

Temps: rien que dans le cadre de ma propre vie sur une période très courte - 30 ans - j'ai d'abord écrit des lettres destinées à une personne à la fois, qui mettaient, disons, deux ou trois jours à parvenir à leur destinataire, et il me fallait attendre encore deux ou trois jours pour recevoir la réponse - en imaginant qu'elle soit "immédiate" (et je n'évoque même pas l'époque où les cavaliers de Gengis Khan parcouraient la Mongolie à cheval pour porter les courriers, ou celle du 16è siècle ou certaines lettres mettaient 7 ou 8 ans à parvenir à un - hypothétique - destinataire!).

Ensuite, j'ai utilisé les e-mails courriels (courriers électroniques), d'abord professionnellement, puis à titre personnel. Réponse possiblement immédiate. Et possibilité d'envoyer un message, ou des nouvelles - et des photos, textes, etc - à plusieurs personnes simultanément. Ceci c'est Internet qui le permet dans un premier temps. Inventé pour pouvoir relier et transporter des données à partager dans un langage commun entre machines.

Aujourd'hui, si j'utilise Twitter j'envoie de l'information (au sens premier) et des contenus de diverses natures à - potentiellement - plusieurs centaines de personnes. Ceci c'est le Web qui le permet, et le Web dit 2.0, la version qui permet aux utilisateurs d'échanger et de collaborer sans même se soucier de la technique utilisée.

Espace: le Web est un espace à part entière. Une dimension nouvelle. Il permet aussi d'abolir les frontières géographiques (pas toutes). Instantanément aujourd'hui, je lis et communique avec des personnes de nationalités différentes. J'ai donc un accès rapide et simple à d'autres formes d'esprit et de raisonnements. D'autres cultures. A conditions de maîtriser au moins l'anglais, c'est sûr.

On peut s'interroger sur le bien fondé de tout cela (les sociologues je l'espère s'y intéresseront) et il y aurait beaucoup à dire, mais le fait est que c'est une réalité.

Dans le domaine qui est le sujet de ces billets, les œuvres (d'artistes, d'auteurs) autrefois exposées dans des musées ou sur des supports uniques, sériés, sont maintenant accessibles différemment. Le droit d'auteur (en France) qui avait bien-sûr commencé à s'adapter à des diffusions multiples (multidiffusions télévisées, VHS, DVD, VOD, pour ne citer que l'audiovisuel) se retrouve face au même paradoxe. Il doit s'adapter.

Pour moi, c'est un peu comme de penser que les relations familiales d'aujourd'hui, par exemple, sont encore régies par le Code civil voulu et conçu à l'époque de Napoléon! Heureusement qu'une réforme a été - enfin - entreprise! Le parallèle est limite, je vous le concède, mais quand même.

Pour finir, une petite citation:

Internet est un paradoxe...Personne n'a vraiment décidé de doter l'humanité d'un système universel permettant d'échanger à bas prix données, voix, sons, images fixes et animées. plus encore personne n'avait vu que de cette technique austère d'échange entre ordinateurs allait, par la magie d'un simple navigateur et d'une liaison téléphonique, naître un système qui allait conquérir en quelques années la planète entière et en bouleverser l'économie et la culture. Jean-Pierre Corniou - "Le Web, 15 ans déjà...et après" (Dunod, 2009).

Crédit Photo NOAA Photo Library

samedi 28 mars 2009

L'e-lettrisme sera l'illettrisme du XXIème siècle

Partage_des_connaissances Ce titre est tiré d'un communiqué de presse du Parlement européen (26/03/09), dont beaucoup ont du avoir connaissance.

Il n'est pas qu'une formule et ne cache pas la réalité de l'illettrisme (3 100 000 personnes en France selon l'ANLCI - Agence nationale de Lutte contre L'Illettrisme). D'ailleurs, l'ANLCI l'a bien compris qui a signé fin 2008 un partenariat avec Google pour ouvrir le portail Initiative contre l'illettrisme, qui permet de mutualiser les moyens, échanger les bonnes pratiques, et diffuser les outils pédagogiques.

Le communiqué de presse fait référence au rapport de Stavros Lambrinidis (adopté cette semaine) qui préconise que "l'accès à Internet, comme l'accès à l'éducation, ne devrait jamais être bloqué par des gouvernements ou des compagnies privées" (je joins en annexe le texte en français de la première préconisation datée du 11 juin 2008).

Il est conçu dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité (des questions de fond, comme la protection des enfants) et préconise des instances transnationales et des normes globales (compte tenu de la nature même de l'outil) pour réglementer cette question et respecter les libertés.

Le rapport cite notamment - ça, c'est pour le débat du mois - que notre "identité numérique tend à devenir partie intégrante de nous-mêmes" et insiste sur la notion du ""consentement" des internautes à partager leurs données (qui) est ainsi au cœur de la réflexion à mener".

Tout ceci mérite que l'on s'y arrête un peu, ça n'est pas rien. Ce sont des notions fondamentales qui prennent en compte le fait que nous sommes maintenant, et de plus en plus, dans une société, une civilisation, numérique.

Tous ne sont pas encore égaux devant cela, mais on ne peut fermer les yeux devant de tels changements.

On ne peut pas faire l'économie de la réflexion. Il faut repenser en profondeur les cadres nécessaires. Il ne s'agit pas de "coller des rustines", un peu comme certains fabricants de logiciels qui, lorsqu'il y a un problème proposent vite et dans l'urgence une solution, au lieu de penser dés la conception un produit ou un service qui ne soit pas vulnérable ou mieux conçu (j'emprunte l'idée à Bruce Schneier parce que j'en suis convaincue, et qu'il sait de quoi il parle).

Pour ce qui me concerne, je n'aurai de cesse de répéter tout cela et de considérer que ces outils d'aujourd'hui sont une formidable opportunité d'accès à la connaissance qu'il convient de construire, de contribuer à faire connaître, et sur laquelle il faut aussi et surtout réfléchir et penser, remettre en cause et s'adapter, sérier et développer.

NB: au passage, rappel des élections européennes à venir en juin prochain, nous sommes concernés. Petit explicatif ici pour ceux qui auraient oublié.

elections européennes

Crédit Photo: Enfants lisant sur les marches d'une école, Holland Marsh, Gordon W. Powley, Archives publiques de l'Ontario.