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Tag - Nicholas Carr

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mardi 12 mai 2009

Mais que fait mon cerveau? (2)

improve_your_brain_activity Je reviens, comme promis, sur l'article de Nicholas Carr "Is Google making us stupid?", en ayant aussi parcouru les 86 commentaires laissés chez Framablog (qui a effectué le travail de traduction française dudit article).

C'est très intéressant à lire car la plupart on pris le temps de répondre en argumentant et/ou en donnant d'autres ressources.

Avant d'autres billets (plus orientés neurosciences) je poursuis quand même ici quelques grandes lignes:

- Nicholas Carr s'interroge sur le fait que depuis qu'il utilise Internet (10 ans tout de même), il lit moins. Ou plutôt, il indique que sa "concentration" commence à s'amenuiser "au bout de deux ou trois pages" - peut-être a-t-il un peu vieilli en 10 ans?! - (Pardon, mais nous en sommes tous là, enfin, plus ou moins!), et il dit qu'il a du mal (bien qu'étant écrivain et universitaire) à poursuivre de véritables lectures.

Il a le mérite de poser la question et d'ouvrir la réflexion. Mais qu'en penser?

Je suis moi-même disons, une lectrice passionnée. Des livres, il s'en trouve à peu prés partout chez moi, dans des domaines très différents, dans des langues différentes, dans des formats différents. Pour ceux qui connaissent l'écrivain Jose Luis Borges et ses labyrinthes, c'est un peu l'esprit! Si j'écris ceci, c'est juste parce que je me sens concernée parce qu'énonce Nicholas Carr.

Suivant les périodes, je lis plus ou moins. Mais enfin - soyons clairs - si je lis moins, c'est juste parce que je ne prends pas le temps de lire. En aucun cas, je ne pense que l'usage (et la lecture donc) de ce qui est publié sur le Web ne change mes capacités à lire des textes longs et/ou denses. C'est plutôt une question d'organisation: je coupe mon ordinateur et choisi de lire si je veux me concentrer sur autre chose. Reste à vérifier (ce que j'essaierai de faire) s'il existe des études version neurosciences qui tendraient à pointer autre chose.

Plus globalement, une chose, qui cette fois, disons, aurait tendance à m'exaspérer: l'usage du Web et des recherches qu'on peut y mener favoriseraient le "papillonnage". Entendez: sauter d'une ressource à une autre, être peu concentré, faire plusieurs choses en même temps...

Certes, les geeks savent faire (être à plusieurs endroits à la fois en étant concentrés!!). Mais, pour le commun des mortels, là encore, je pense que c'est une question d'organisation et d'usage.

Mener une recherche suppose d'être concentré et de se restreindre à l'objet de ses recherches (demandez aux documentalistes, il existe des méthodes). C'est probablement là qu'il y a des choses à apprendre. Tout le monde ne sait pas chercher de la même façon (demandez à ceux qui font de la veille d'information). Nous avons sans doute besoin d'apprendre à structurer des recherches (et il y a du travail du côté de la jeune génération, mais, c'est tant mieux, non?). C'est une question de méthode, et ceci est valable hors du Web.

Suivant ce que je recherche, ce que je fais, je n'utilise pas le Web de la même façon: effectuer une recherche ou lire des blagues, visionner des films , consulter de l'information type news, chercher une recette (et me laisser emmener vers une autre), aller sur Twitter, etc.

Bien, je m'arrête là pour aujourd'hui, puis qu'il convient de faire attention à la taille des billets... Comme si personne sur le Web n'était capable de lire - quand il en a l'envie et la motivation - au-delà de trois lignes! Je poursuivrai sans doute dans un prochain billet sur l'aspect association d'idées et pensée...

mardi 5 mai 2009

Mais que fait mon cerveau?

improve_your_brain_activity Il y a quelques jours, j'ai reçu un article via un ami présenté et intitulé ainsi: What the Internet is doing to our brains / Is Google Making Us Stupid? (traduction française chez Framablog), que l'on doit à Nicholas Carr (publié en juillet/août 2008 in The Atlantic).

Cet ami me demandant mon avis et m'invitant par là même à la réflexion. Depuis, l'article de Télérama est sorti (merci à Jean-Luc Raymond sur Twitter pour la ressource).

De quoi s'agit-il? Finalement, d'une réflexion contemporaine sur la pensée et ses modes de développement. En ce sens, c'est passionnant, et indispensable. L'auteur argumente et/ou évoque les rapports à la technologie, les modes de diffusion de la "culture", la plasticité du cerveau*, en s'interrogeant sur ce que l'usage - prolongé - d'Internet semble avoir modifié dans ses pratiques de lecture, son raisonnement, ses capacités d'attention et de concentration.

D'où un débat qui "se prolonge" - rappelons que l'article anglophone date de l'été dernier! - et se développe entre partisans des modes d'apprentissage "classique", adeptes de la sérendipité, technophobes et technophiles, etc...

D'où un mouvement d'humeur de ma part pour un premier constat: le sujet est vaste (!) et le débat semble mélanger nombre d'approches avec, sur le devant de la scène, le retour du prêt-à-penser dans la typologie "Internet fait disparaître les livres", "Internet fait baisser les ventes de CD", etc.

Internet et le Web, grands prestidigitateurs nimbés de pouvoirs occultes...

Rembobinage et retour à la case départ. Dans l'essai de Nicholas Carr, il y a de multiples dimensions, et pour cause: s'interroger sur la pensée et la façon dont elle est façonnée fait appel ici notamment à:

- L'Histoire des techniques

- L'Histoire de la pensée

- Les neurosciences

- L'accès au savoir (et la formation nécessaire et préalable)

Vous imaginez bien que sur chacun de ces sujets il y a de quoi développer essais et réflexions, ce que je vais m'attacher à faire - à la mesure de mes moyens - dans de futurs billets car ce rapport cerveau/Internet/connaissance m'intéresse beaucoup depuis que j'y ai mis les pieds mon cerveau.

L'analogie cerveau/Web (et, surtout pas, la vieille et fausse analogie cerveau=ordinateur!) est tentante, riche de projections, multifacettes et miroir aux alouettes - peut-être - bref, elle vaut la peine d'être explorée (voir aussi mon billet "Bon pour les neurones").

Et, tout comme Nicholas Carr, je m'interroge quotidiennement sur ce que ces outils d'aujourd'hui peuvent bien induire dans le fonctionnement de ma pensée.

A l'heure où la question des accès ouverts à Internet est de plus en plus questionnée - voir remise en cause, en France, comme ailleurs - c'est le moment me semble-t-il d'en discuter plus avant. Série de billets à suivre donc, prochainement.

Et, ci-dessous, une petite démonstration d'un nouvel outil (service) pearltrees, sur lequel j'ai effectué une première recherche sur le sujet de ce billet. C'est encore non abouti, j'apprends à l'utiliser. Il vous permet d'organiser, de visualiser, retenir et partager vos recherches Web (merci à Fadhila Brahimi pour la découverte) sous forme d'arborescences, puis de cartes. C'est très intéressant.

Veronique Rabuteau
  • au passage, sur la plasticité neuronale: que Nicholas Carr qualifie de "presque infinie", il faudrait nuancer: nos cerveaux ont de formidables capacités d'adaptation, ce qui rend d'ailleurs les rééducations possibles dans certains cas de lésions, mais elles ont leurs limites.

Crédit Illustration (bis repetita) Simpson Wallpapers.