Télé d'antan & Outils d'aujourd'hui

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mercredi 5 août 2009

Mode numérique (partie II)

www Suite de cette anticipation estivale en mode numérique.

10H30: Je vais débrancher manuellement le chargeur de ma voiture hybride, dont la climatisation avait été automatiquement enclenchée un peu plus tôt par la synchronisation de mes agendas électroniques avec la météo: une sortie prévue et finalement annulée que j'avais oublié de mettre à jour. L'erreur est humaine, définitivement!

10H45 - 11H45: Réponses à mes interlocuteurs. Les pictos (ou pics) ont remplacés les courriels: enregistrement de messages vocaux ou audiovisuels transmis directement dans les HomeBox de chacun, quels que soient les services. Inconvénient: en mode audiovisuel, cela oblige à être toujours présentable avant envoi.

Puis, écoute des dernières nouvelles du Parlement d'Internet: organisation - forcément - mondiale apparue en 2020 suite aux contrôles accrus des réseaux: câblo-opérateurs, certains fournisseurs de contenus, certains états.

Les pro accès libre se sont rassemblés, à leurs débuts dans un mouvement très large qui s'est ensuite structuré, comme toujours.

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mardi 4 août 2009

Mode numérique (partie I)

Future Profitant toujours de cette période estivale avec quelques billets qui empruntent les sentiers de traverse, cette fois en mode "anticipation": pérégrinations - inventées - du mode numérique conjugué au futur.

7H - Ma cafetière s'est automatiquement allumée lorsque je me suis connectée à Absolute - nouveau service méta agrégateur de flux - émettant immédiatement un message en simultané sur tous les services que j'utilise en quinze langues: "Bonjour le monde, un petit café pour bien commencer la journée?!". Pour ménager mes réseaux sociaux, un deuxième message est immédiatement émis: "Bonjour le monde, ceux qui préfèrent le thé sont également bienvenus! :-)". Ce message me permet de gagner 0.30 centimes d'euros à chaque fois qu'il est émis car il comporte une image, une petite vidéo, ou une citation chaque jour différents, pour une célèbre marque de thé.

7H30 - Pendant que j'effectue mes exercices quotidiens avec le programme "Improve Health" - (capteurs de mouvements retransmis et interactifs sur écrans muraux) - au milieu de Central Park ( 4230 choix de lieux en 3D disponibles), d'autres messages sont envoyés automatiquement à mes différents groupes, followers, interlocuteurs, réseaux: suivant les paramètres programmés avec Absolute 5.0 "Take care of your friends and relationship": l'algorithme analyse tous les messages émis par eux sur la journée d'hier - possibilité d'étendre l'application à plusieurs jours dans le passé - et délivre un message court et circonstancié à chacun en fonction des occurrences récurrentes et/ou des états d'esprit exprimés.

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mercredi 15 juillet 2009

Les Marathoniens du Web

Jumelles@ Pendant cette période estivale, même le Web peut sembler plus calme! Blogs moins actifs, comptes Twitters plus silencieux (... évitez en tout cas de dire à vos followers *que vous partez en vacances!). Pourtant... il n'en est rien - de ce calme apparent!

J'en croise tous les jours, de ces professionnels ou passionnés qui arpentent le Web.

Envie de vous parler un peu de leurs activités (dans la limite de mes connaissances bien-sûr) pour - toujours - les rendre plus familiers, ainsi que ces outils et usages qui font le Web.

Certains, dés potron-minet (!), après café et allumage de l'ordinateur - mais certains ne l'éteignent jamais - se connectent sur leur services favoris et/ou les plus utiles, en fonction de ce qu'ils y cherchent, bien-sûr: information, ressources, notoriété, partage, distractions...

Il y a ceux qui sont présents tout de suite sur un service et y passent un moment, et ceux qui sont... omniscients: si vous suivez leurs publications, ils sont à cinq ou six endroits à la fois!

Évidemment, par "endroits", il faut entendre "services": Twitter, Delicious, FriendFeed, Blogasty, Pearltrees, FaceBook, Blip.fm... et, les extensions de ces services qui permettent de s'y retrouver et de gagner du temps dans les dits services:TweetDeck, DestroyTwitter, Twitterrific, FriendDeck, - sur d'autres applications pour Twitter (microblogging), voir par exemple par ici ou par là- ... Il en est évidemment bien d'autres, ma sélection étant subjective!

Comme beaucoup de ces services sont affublés d'applications qui permettent de publier/transporter l'information à plusieurs endroits simultanément (ou pas)... forcément, cela se répand (pas souvent comme une trainée de poudre, loin de là), mais quand même.

Sans parler du fait que, avec les portables et les services sur mobile, on peut réellement être dans un endroit (physique) puis un autre, tout en étant à plusieurs endroits (virtuels) en simultané!

Écouter une émission de radio, tout en regardant des photos, et en gardant un (troisième œil?!) sur l'affichage automatique des agrégateurs de flux qui s'affichent en temps réel (quelques secondes de décalage pour certains) ...

Dans le même temps également, ils échangent avec leurs amis(<- les vrais), leurs "amis" (<- les autres, les connaissances), ou ceux qu'ils aiment bien. Ils vont également les lire, prendre le temps de leur faire un signe, de leur écrire aussi (parfois), de regarder les liens suggérés, et les liens des liens sur tel sujet qui a particulièrement retenu leur attention (le tout quelquefois, en plusieurs langues!). Voir - je le répète - ils vous aident, mine de rien, si vous "débarquez" avec vos gros sabots numériques (et même si ça les fait sourire): untel indique une ressource collective, un autre fait un lien vers vous(<- et pas forcément "moqueur"), etc..

Dans le même temps, ils ne résistent pas à aller jeter un œil sur telle bande annonce, telle vidéo exceptionnelle, telle œuvre d'art, telle blague, tel truc énooorme, tel jeu, une telle, ou tel autre...

Enfin, pour peu qu'ils soient engagés, d'une façon ou d'une autre, pour une ou plusieurs causes, ou des initiatives collaboratives, il faut aussi y participer, donc.

Omniscients ils sont! Très rapides aussi. J'en ai croisé qui publient des ressources plus vite que leur ombre - bon, à qualité variable -, et d'autres qui extraient des profondeurs (relatives) du Web de véritables pépites qui sont des bonheurs pour l'esprit ou des occasion de découvertes étonnantes, ou de bons moments, tout simplement.

C'est vrai qu'à observer - et se servir - de ces outils, on a du mal après lorsque l'on utilise le téléphone par exemple pour joindre quelqu'un qui met trois jours à vous rappeler! Mêmes les courriels semblent, disons, lents.

Côté professionnel, imaginez tout ce que l'on peut faire en gain de temps - même si parfois, il faut aussi savoir laisser du temps au temps justement -, de coordination, de prises de décisions. Ça me rappelle quelques collaborations avec les Canadiens - qui étaient déjà bien plus familiers que nous de ces outils: en travaillant à distance, nous avancions plutôt vite comme ça, à plusieurs partenaires situés dans des endroits différents.

Bref, je me demande dans quel état est le cerveau de ces marathoniens du Web à la fin de la journée, après avoir fonctionné à une vitesse pareille! Non, sérieusement.

Vous allez me dire: mais à quoi cela sert-il?!

D'abord - et avant tout - il y a ceux qui en ont besoin professionnellement (les professionnels du Web, certaines entreprises, etc). Ceux pour qui l'information est primordiale - ils sont nombreux! - et/ou la visibilité. Et puis, il y a aussi des passionnés, des dilettantes, des chercheurs, des enseignants, des journalistes ... de tout, à l'évidence.

Un reflet de la société, une société sortie de l'ère industrielle et, passée ... à l'ère numérique - quoiqu'on en dise.

  • Followers = ceux qui vous suivent; ie qui vous lisent en signifiant le fait qu'ils vous lisent!

Crédit Illustration Photo Andrey Kiselev - copyright photoXpress

vendredi 10 juillet 2009

Comment peut-on être persan? (partie I)

ExotiqueLe titre rappellera les classiques du bac de français, Montesquieu et ses "Lettres persanes" donc. Ici, il va servir à un peu d'anticipation dans le monde de "l'après Hadopi".

Rappelons qu'il s'agissait d'un procédé littéraire, pour mieux exprimer un regard, une distance (mais je ne vais pas refaire l'explication de texte ici!). Il s'agit donc d'une pure fiction ci-dessous.

France 2020. Pierre - père de famille, pas tout à fait la cinquantaine - reçoit la visite de son ami Aref, de passage chez lui, en provenance d'une autre région du monde.

- Tiens, lui fait remarquer Aref après quelque temps, je ne vois pas d'ordinateurs, ni d'écrans, ni d'objets interactifs chez toi? C'est étrange. Mais, pardon, je suis un hôte grossier, ce n'est pas parce que chez moi nous sommes très équipés numériquement que vous devez l'être.

- Non, je t'en prie. C'est - comment dire - un peu compliqué chez nous. Viens, je vais te montrer.

Ils se rendent à l'étage. Une pièce, fermée à clé. Pierre, un peu gêné fouille dans ses poches, trouve ladite clé et ouvre.

- J'ai du mettre une serrure, parce que, on ne s'en sortait plus pour l'accès à l'ordinateur: entre ma femme et mes enfants. Caroline a besoin d'Internet pour faire des achats et accéder à son DMP (dossier médical personnalisé), tu sais, à cause de ses soucis de santé; elle aime lire les sites déco aussi, bref.

Paul, notre ainé, suit des cours en e-learning et va passer son diplôme en ligne; Antoine joue à des mmorpg et passe beaucoup de temps sur les encyclopédies en ligne - pour le collège, quand il veut bien s'y mettre. Quand à Lisa, ma dernière, elle suit des cours de maths et a décidé d'aider les autres via un forum. Mon problème, c'est qu'il faut que je surveille tout ce beau monde, car nous encourrons de gros risques.

- Ah! bon...

- Oui, vois-tu, dans ma jeunesse - et la tienne! - il y avait le contrôle parental, et puis la sécurisation de son réseau Wifi, en tout cas, chez nous, en France. A vrai dire, je ne sais pas si tu avais regardé comment faire?! Moi, à l'époque, j'ai du faire appel à une société d'aide informatique, je n'y arrivait pas seul!

Évidemment, j'ai du payer pour ça. Seulement, quelque temps plus tard, Paul - qui était ado - a trouvé comment télécharger illégalement... qu'est-ce que tu veux, ils transgressent! J'ai reçu illico un premier avertissement de la police du Web (oui, ceux qui traquaient la fraude). Le temps que je passe aux punitions, le second avait également téléchargé - par provocation!- en solidarité avec son frère dis donc!

Et, là, seconde lettre d'avertissement, et puis suspension de mon abonnement. A noter, que je devais continuer à payer à mon fournisseur d'accès alors même que je n'avais plus de connexion!! Oui, parce que j'avais le téléphone aussi et que celui-là n'était pas suspendu. Comment ça tu ne comprends rien? Pas grave, c'était un peu complexe. Et les fournisseurs d'accès ne faisaient pas de tarif dégressif spécial Hadopi, je peux te le dire!!

En plus, du coup, pour continuer à suivre tout ce que l'on devait gérer par Internet - je cherchais du travail aussi! - il fallait qu'on aille dans des Cyberscafés! Et alors là! ... prix des consommations plus déplacements (et, en famille s'il te plaît!), sans parler du manque de sécurité pour le coup.

Il fallait que je transmette mon CV et des informations personnelles via des ordinateurs publics!! Pour mes mails, j'ai commencé à aller déranger mon voisin, de temps en temps. Au début, il était sympa, mais après...Bref. C'est à ce moment là d'ailleurs que nous avons eu d'autres problèmes. Un type qui était tous les jours au Cybercafé (où il fallait souvent faire la queue!), qui a abordé Caroline. En fait, il espionnait tout ce qu'elle faisait. Bon, tu me diras, il y avait une caméra de surveillance dans le café, au cas où... Ça n'a pas été plus loin, mais c'était parfaitement désagréable.

- Hum, je vois. C'est absolument incroyable ton histoire! Au XXIè siècle! Je te dirai, si tu le permets, comment ça se passe chez nous...

- Attends, je n'ai pas fini, ça ne faisait que commencer là! Les choses ont empiré quand j'ai retrouvé ma connexion et acheté le logiciel de surveillance recommandé par "mon installateur"...

mercredi 17 juin 2009

Explication de texte

next_generation Lu hier soir - grâce à Playmogeek sur Twitter - un article paru dans l'édition électronique de Le Point, signé Emmanuel Berretta dans Media 2 (daté du 16 juin): Hadopi: ce que mijote Christine Albanel.

Je ne vais pas entrer ici dans ce qu'explique très clairement l'article du Point sur les sanctions maintenant envisagées (pénal et suspension d'abonnement), qui seront le 24 Juin soumises au Conseil des ministres. Non, je vais m'arrêter sur deux citations.

La première est du Ministre de la culture, extrait de l'article:

Il n'a jamais été question d'empêcher 100 % du piratage", répète-t-on rue de Valois. "Nous sommes bien conscients qu'il y aura toujours des petits malins ou des férus de logiciels pour contourner la loi. Nous espérons que le père ou la mère de famille dont les enfants piratent les œuvres sera responsabilisé par les avertissements et prendra les mesures de protection nécessaires afin d'empêcher que le téléchargement illégal se renouvelle.

Alors, reprenons, dans le texte (ce doit être mon côté littéraire!):

- "les petits malins" ou les "férus de logiciels", certes, il y en a, mais cela fait dix ans que les informaticiens, programmeurs, développeurs, dépanneurs informatique, ingénieurs - et j'en oublie - peuvent vous expliquer "comment craquer une Livebox pour les nuls", par exemple (et d'ailleurs certains l'ont largement fait sur le net). Les 24 chiffres des clés, et des combinaisons limitées de 0 à 9 et de A à F - je ne rentre pas dans le détail! - , font que c'est quasi un jeu d'enfant que de se glisser ensuite sous votre IP (générée par la dite Livebox). Ils le savent tous, ne s'en portent pas plus mal, et ne sont pas paranoïaques - c'est plutôt souvent le contraire d'ailleurs.

Si j'insiste sur cela, c'est pour rappeler que, d'une part, il ne s'agit pas que d'exceptions ou uniquement de "petits malins" (je vais y revenir), et, d'autre part, que la preuve sera bien difficile à faire si ça vous arrive (comme beaucoup l'on déjà souligné, mais enfin, je pense qu'il convient de le dire à nouveau).

Sur la seconde partie qui concerne "le père ou et la mère de famille": je me sens concernée puisque j'en suis une (mère de famille!). Mais, en ce qui me concerne, si j'explique à ma progéniture qu'il est hors de question de pirater, ce n'est pas grâce ou à cause de cette loi et de "la peur du gendarme". Et si d'aventure je devais, - comment déjà - "prendre les mesures de protection nécessaire", je n'en vois guère qu'une: ne plus avoir d'ordinateur (c'est à peu prés la seule absolument sûre). Parce que sinon, quoi?

Et, en ce qui me concerne, j'ai la chance d'avoir pu poursuivre des études! A Bac+5, je suis un peu "outillée". Mais, imaginez ceux qui le sont moins. Ceux qui connaissent moins Internet et qui ont des enfants (et des adolescents, parfois plus que difficiles), il y a de fortes chances que ça "leur tombe dessus", et ce sont encore eux qui seront les plus démunis face au juge ou à l'expert. Sans oublier bien-sûr qu'il n'y a pas que les enfants qui téléchargent, loin de là.

Et puis, surtout, tout ceci ramène sans cesse à tout cela, à savoir, cette seconde citation, que l'on doit au directeur général de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), Pascal Rogard*:

(...) C'est justement en ramenant vers l'offre légale une partie des internautes que la loi Hadopi crée les conditions économiques d'un essor des plates-formes payantes. C'est par ce biais que la création artistique trouvera de nouvelles ressources.

Je suis loin d'avoir son expertise en la matière, mais cela m'étonnerait beaucoup. C'est "prendre le problème" à l'envers. Quand on sait par exemple qu'aujourd'hui en matière d'audiovisuel sur Internet (de production de contenus aidés) le CNC (Centre national de la cinématographie) ne peut subventionner que s'il y a au préalable une télédiffusion "classique".... Pourquoi? Parce que les taxes prélevées le sont traditionnellement auprès de ces médias (ces taxes financent les aides). Donc, pour produire du contenu audiovisuel subventionné sur Internet, il faut d'abord une diffusion télé!

C'est un exemple - parmi d'autres - du chemin qu'il faut parcourir et des réformes à mener (et celle du droit d'auteur et des modes de rémunération adaptés), qui ne sont toujours pas faites, en concertation, en y associant l'ensemble des acteurs concernés. Les travaux qui ont été menés jusqu'ici sont restés en cercle fermé (si, trop fermé).

Et puis "création artistique", qu'entend-t-on par là? Les plateformes payantes en question ne seront pas dédiées aux "créations originales" mais plutôt aux séries, fictions, etc, très largement "grand public". Qu'est-ce qui est piraté? Spiderman ou un portrait d'écrivain français?!! Allons. De quoi parle-t-on?!

Faites le tri.

EDIT * Pascal Rogard, dont le fils, Martin Rogard est Directeur France de Daily Motion (source janvier 2009).

Crédit Illustration everystockphoto.com

vendredi 24 avril 2009

@Web 4 bonnes raisons (bis repetita)

Réforme Je viens de lire via Twitter, Slate.fr qui publie aujourd'hui la réponse de Jean-François Coppé au courrier de Plume, pseudonyme de Nolwenn Tavarson (Bretagne), jeune lycénne de 17 ans, qui le lui avait adressé via le site.

Les commentaires étant fermés, je commente d'une certaine façon ici, parce qu'il est important de décrypter et d'échanger sur la question.

Qui parle: Jean-François Coppé, député, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, promoteur, s'il en est, du projet de Loi Hadopi.

A qui parle-t-il: A une jeune fille de 17 ans (terminale S) qui défend la culture numérique à laquelle elle appartient.

Politiquement: choisir de répondre (même s'il a été - après tout, pourquoi pas - touché par ce courrier) à la jeune génération est potentiellement:

- voulu et affiché comme pédagogique (jeune public + la piraterie n'est pas bien).

- pensé pour marquer une démarche positive et ouverte (et pas, répressive et non réformatrice).

- fait juste avant le week-end, et la semaine prochaine qui va marquer le retour de cette proposition devant le Parlement - sans compter la publication concomitante du livre de Jean-François Coppé: "Un député ça compte énormément" (Albin Michel) où, d'après A.Duhamel (RTL - 7:45), l'auteur, tout en défendant le Parlement, se prépare un "profil de présidentiable" ).

Un court extrait (droit de citation) du texte de Jean-François Coppé:

Chère «Plume», je vous avoue qu'il aurait été beaucoup plus facile pour moi de dire que le piratage n'est pas grave et que tous les internautes ont le droit d'écouter de la musique ou de regarder des films gratuitement sans rien payer aux artistes. Certains ont fait ce choix, non sans démagogie. Ils se disent sans doute qu'il y a plus d'électeurs qui téléchargent illégalement que d'artistes spoliés. Parce que je suis comme vous fan de jazz, parce que comme vous, mon idéal est l'accès à la création musicale pour tous, j'ai justement choisi de soutenir la loi «Internet et Création». Au nom de la révolution culturelle en cours.

Mr Coppé, sincèrement, au-delà de cette réponse circonstanciée, ne nous infantilisez pas! Croyez-vous que les usagers et clients (d'Internet s'entend) que nous sommes pensent aux vilains pirates ici? Qu'aucune maturité n'est issue de ce qui existe depuis plus de 15 ans? Que personne ne réfléchisse à un modèle qui inclue inévitablement les données marketing et économiques nécessaires?

Il convient d'entamer le chantier de la réforme du droit d'auteur adapté à ces usages. Voilà ce qui est primordial. Quand allez-vous l'entendre? Enfin, encore une fois, Internet génère des paradoxes: un Président de la République qui se revendique réformiste et son groupe parlementaire qui refuse la réforme. Il faudra m'expliquer...

Crédit Illustration

mardi 21 avril 2009

@Web 7 bonnes raisons

Le 28 avril* se rapproche - pour ceux qui auraient oublié. Aujourd'hui un billet sous forme de quizz pour tester un peu (sans se prendre trop au sérieux, et avec un soupçon de militantisme) quelques connaissances sur Internet et le Web.

C'est ce billet qui m'en a donné l'idée. C'est aussi pour mesurer la distance qui existe entre les utilisateurs avertis, dilettantes ou occasionnels. Pour, toujours, tenter de contribuer à expliquer et partager cette culture numérique.

Bien-sûr, ce quizz n'engage que moi et mes connaissances, et il se veut à plusieurs niveaux. Pour ceux qui ne connaissent pas bien le principe: il suffit d'entrer un nom - c'est anonyme donc puisque vous pouvez choisir n'importe lequel ! - puis de répondre. En fonction des résultats, je ferai une synthèse pour vous dire ce qu'il en est.

Bonne découverte! (et n'oubliez pas que vous pouvez continuer à vous documenter en cherchant plus avant des explications sur Internet).

Internet & Web, que savez-vous?
1) Que signifie www?
World Wild Web
World Wide Web
West Wild Web
Wonderful Willing Web
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  • Le Mardi 28 avril 2009 est la date à laquelle le projet de Loi H.A.D.O.P.I devrait être présenté à nouveau au vote des parlementaires, malgré le rejet du 9 avril dernier.

Option musique pour ce billet: Rufus Wainwright - Across the Universe - Nothing 's gonna change my world.

vendredi 17 avril 2009

@Web 11 bonnes raisons

satellites Un billet par jour d'ici au 28 avril, cela fera 11 occasions, et bonnes raisons de parler du Web. C'est à la fois peu et beaucoup. Je me demandais hier par où commencer - vu la taille du sujet! - pour tenter d'expliquer la rupture qu'il représente.

Et puis, je me suis arrêtée sur les mots temps et espace. Voilà deux notions qui représentent un vrai changement dans la société.

Temps: rien que dans le cadre de ma propre vie sur une période très courte - 30 ans - j'ai d'abord écrit des lettres destinées à une personne à la fois, qui mettaient, disons, deux ou trois jours à parvenir à leur destinataire, et il me fallait attendre encore deux ou trois jours pour recevoir la réponse - en imaginant qu'elle soit "immédiate" (et je n'évoque même pas l'époque où les cavaliers de Gengis Khan parcouraient la Mongolie à cheval pour porter les courriers, ou celle du 16è siècle ou certaines lettres mettaient 7 ou 8 ans à parvenir à un - hypothétique - destinataire!).

Ensuite, j'ai utilisé les e-mails courriels (courriers électroniques), d'abord professionnellement, puis à titre personnel. Réponse possiblement immédiate. Et possibilité d'envoyer un message, ou des nouvelles - et des photos, textes, etc - à plusieurs personnes simultanément. Ceci c'est Internet qui le permet dans un premier temps. Inventé pour pouvoir relier et transporter des données à partager dans un langage commun entre machines.

Aujourd'hui, si j'utilise Twitter j'envoie de l'information (au sens premier) et des contenus de diverses natures à - potentiellement - plusieurs centaines de personnes. Ceci c'est le Web qui le permet, et le Web dit 2.0, la version qui permet aux utilisateurs d'échanger et de collaborer sans même se soucier de la technique utilisée.

Espace: le Web est un espace à part entière. Une dimension nouvelle. Il permet aussi d'abolir les frontières géographiques (pas toutes). Instantanément aujourd'hui, je lis et communique avec des personnes de nationalités différentes. J'ai donc un accès rapide et simple à d'autres formes d'esprit et de raisonnements. D'autres cultures. A conditions de maîtriser au moins l'anglais, c'est sûr.

On peut s'interroger sur le bien fondé de tout cela (les sociologues je l'espère s'y intéresseront) et il y aurait beaucoup à dire, mais le fait est que c'est une réalité.

Dans le domaine qui est le sujet de ces billets, les œuvres (d'artistes, d'auteurs) autrefois exposées dans des musées ou sur des supports uniques, sériés, sont maintenant accessibles différemment. Le droit d'auteur (en France) qui avait bien-sûr commencé à s'adapter à des diffusions multiples (multidiffusions télévisées, VHS, DVD, VOD, pour ne citer que l'audiovisuel) se retrouve face au même paradoxe. Il doit s'adapter.

Pour moi, c'est un peu comme de penser que les relations familiales d'aujourd'hui, par exemple, sont encore régies par le Code civil voulu et conçu à l'époque de Napoléon! Heureusement qu'une réforme a été - enfin - entreprise! Le parallèle est limite, je vous le concède, mais quand même.

Pour finir, une petite citation:

Internet est un paradoxe...Personne n'a vraiment décidé de doter l'humanité d'un système universel permettant d'échanger à bas prix données, voix, sons, images fixes et animées. plus encore personne n'avait vu que de cette technique austère d'échange entre ordinateurs allait, par la magie d'un simple navigateur et d'une liaison téléphonique, naître un système qui allait conquérir en quelques années la planète entière et en bouleverser l'économie et la culture. Jean-Pierre Corniou - "Le Web, 15 ans déjà...et après" (Dunod, 2009).

Crédit Photo NOAA Photo Library

vendredi 3 avril 2009

Les grands débats parlementaires

Victor_Hugo-orateur Il y a quelques années j'ai été amenée à découvrir la richesse et les enjeux des grands débats parlementaires.

Beaucoup des sujets concernant les fondements de notre société ont ainsi été portés par des orateurs remarquables, des défendeurs passionnés, des représentants du peuple (élus) qui, dans le cadre de la démocratie venaient avec toute la force de leurs convictions et de leurs arguments soutenir ce qu'ils jugeaient important devant leurs pairs.

Bien-sûr sous la V ème République, ils ont été aussi critiqués, mais il me semble qu'ils restent l'un des garants de la scène politique.

Nous devrions peut-être aller plus souvent consulter des sites comme celui de l'Assemblée Nationale pour suivre comment se passent les choses et nous informer. Peine de mort, avortement, esclavage, mais aussi réforme de la Constitution, des institutions, de l'enseignement. Il est des enjeux différents mais qui tous touchent aux fondamentaux de la société - et pour cause - et renvoient à une vision et une conception de cette dernière.

Ce matin grâce à Blogasty (via Informatique mobile), j'ai ainsi été lire le compte-rendu de la séance du jeudi 2 avril, dans le calendrier des débats portants sur la loi Hadopi (adoptée, mais qui doit encore passer devant le Conseil Constitutionnel, si j'ai bien compris). Je vous conseille vivement d'aller lire un peu pour suivre comment se font les échanges.

Pour ma part, je choisi de ne citer que ceci (qui est évidemment à relire et à situer dans le contexte du débat), que l'on doit à Christian Paul (Nièvre), Membre de la commission des affaires culturelles familiales et sociales. Je le cite sans parti pris politique, mais parce que ce qu'il énonce renvoie à une notion sur laquelle je souhaite insister:

''(...) Je pense d’ailleurs que cette loi va rester dans l’histoire, mais pas forcément pour les motifs que vous espérez. Ce sera une sorte de pont-aux-ânes que l’on étudiera très longtemps dans les facultés de droit, et sans doute aussi dans les écoles d’informatique.

(...) Ce n’est qu’un exemple, parmi mille autres, des dégâts collatéraux, d’ores et déjà colossaux, que ce texte infligera à l’économie informationnelle, à l’informatique, à l’Internet, et ce pour une cause – le soutien et le financement de la création – que nous aurions pu défendre ensemble. Un vrai débat public, non limité aux seuls initiés, nous aurait permis de trouver des solutions consensuelles. Les grandes lois sur le droit d’auteur, nous le répéterons inlassablement, ont été adoptées de façon consensuelle.''

Voilà, j'insiste sur ce dernier paragraphe qui, pour moi, relie avec la tradition parlementaire et démocratique: face à cette nouvelle société numérique il faut des débats qui permettent de réexaminer et d'adapter les fondamentaux. Cela prend du temps, mais c'est sans doute ainsi que l'on peut réformer en profondeur et non, parer "au plus pressé".

Que dire... je n'aurai de cesse de le répéter, mais ma voix n'a que peu de portée. C'est pour cela que je la confie aux représentants élus. Puissent-ils ne pas passer à côté et contribuer à construire une société - à l'ère du numérique - plus accessible, libre et ouverte au plus grand nombre. Qu'il faut encadrer, guider, certes. Sur laquelle il faut réfléchir, mais en prenant le temps de la connaître, et en la pensant à long terme. Et là, je suis déçue, sans plus grand chose à dire, si ce n'est que j'espère que d'autres voix se lèveront...

Crédit Illustration - Assemblée nationale - Bicentenaire de la naissance de Victor Hugo - Paul Nadar (1884).

Victor Hugo sur le suffrage universel: « Inébranlable point d'appui qui suffirait à un Archimède politique pour soulever le monde » - Discours à l'Assemblée nationale législative du 31 mai 1850.

EDIT: à propos du vote Hadopi, voir ici chez keeg.fr

samedi 28 mars 2009

L'e-lettrisme sera l'illettrisme du XXIème siècle

Partage_des_connaissances Ce titre est tiré d'un communiqué de presse du Parlement européen (26/03/09), dont beaucoup ont du avoir connaissance.

Il n'est pas qu'une formule et ne cache pas la réalité de l'illettrisme (3 100 000 personnes en France selon l'ANLCI - Agence nationale de Lutte contre L'Illettrisme). D'ailleurs, l'ANLCI l'a bien compris qui a signé fin 2008 un partenariat avec Google pour ouvrir le portail Initiative contre l'illettrisme, qui permet de mutualiser les moyens, échanger les bonnes pratiques, et diffuser les outils pédagogiques.

Le communiqué de presse fait référence au rapport de Stavros Lambrinidis (adopté cette semaine) qui préconise que "l'accès à Internet, comme l'accès à l'éducation, ne devrait jamais être bloqué par des gouvernements ou des compagnies privées" (je joins en annexe le texte en français de la première préconisation datée du 11 juin 2008).

Il est conçu dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité (des questions de fond, comme la protection des enfants) et préconise des instances transnationales et des normes globales (compte tenu de la nature même de l'outil) pour réglementer cette question et respecter les libertés.

Le rapport cite notamment - ça, c'est pour le débat du mois - que notre "identité numérique tend à devenir partie intégrante de nous-mêmes" et insiste sur la notion du ""consentement" des internautes à partager leurs données (qui) est ainsi au cœur de la réflexion à mener".

Tout ceci mérite que l'on s'y arrête un peu, ça n'est pas rien. Ce sont des notions fondamentales qui prennent en compte le fait que nous sommes maintenant, et de plus en plus, dans une société, une civilisation, numérique.

Tous ne sont pas encore égaux devant cela, mais on ne peut fermer les yeux devant de tels changements.

On ne peut pas faire l'économie de la réflexion. Il faut repenser en profondeur les cadres nécessaires. Il ne s'agit pas de "coller des rustines", un peu comme certains fabricants de logiciels qui, lorsqu'il y a un problème proposent vite et dans l'urgence une solution, au lieu de penser dés la conception un produit ou un service qui ne soit pas vulnérable ou mieux conçu (j'emprunte l'idée à Bruce Schneier parce que j'en suis convaincue, et qu'il sait de quoi il parle).

Pour ce qui me concerne, je n'aurai de cesse de répéter tout cela et de considérer que ces outils d'aujourd'hui sont une formidable opportunité d'accès à la connaissance qu'il convient de construire, de contribuer à faire connaître, et sur laquelle il faut aussi et surtout réfléchir et penser, remettre en cause et s'adapter, sérier et développer.

NB: au passage, rappel des élections européennes à venir en juin prochain, nous sommes concernés. Petit explicatif ici pour ceux qui auraient oublié.

elections européennes

Crédit Photo: Enfants lisant sur les marches d'une école, Holland Marsh, Gordon W. Powley, Archives publiques de l'Ontario.

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