Certains d'entre vous connaissent sans doute le livre de Italo Calvino Cosmicomics.
Recueil de nouvelles, où le narrateur, Qfyfq, nous promène dans l'univers, le temps et l'espace, pour parler... de nous-mêmes (voir billet Identité numérique et les autres).
L'un des récits met en scène le narrateur confronté à une question écrite sur une pancarte qu'il aperçoit en scrutant les autres planètes - oui, il est en quelque sorte citoyen de l'univers - qui dit, s'adressant à lui: "Je t'ai vu".
Qfyfq n'aura alors de cesse de s'interroger sur ses actions - sur le mode "cosmicomique" où excelle Calvino - pour tenter de trouver une réponse satisfaisante à apporter à cet inconnu - ou pas (inconnu).
Dans le billet cité plus haut, j'y voyais une analogie avec les questions d'identité numérique et le mode de communication que l'on peut distinguer dans cet univers de liens, de renvois, de rebonds, de croisements, qui vont de l'un à l'autre, sans toujours savoir où, quand, comment, pourquoi.
Avec une notion de temps: celui exprimé dans les services dits en temps réel et - en parallèle exact - celui des données archivées de longue date sur le Web.
Avec une notion d'espace: celui numérique dont on ne sait pas toujours où il commence et où il fini, compte tenu de la masse des données et de la profusion des services et outils.
L'analogie, pour moi, reste toujours valable, mais, plus j'explore les usages du Web - enfin, ce que j'en comprends - plus ce "mode de communication" me semble spécifique.