Télé d'antan & Outils d'aujourd'hui

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Tag - ère numérique

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dimanche 29 novembre 2009

L'Astrolabe

astrolabe Non, ceci ne sera pas l'histoire de l'expédition menée par La Pérouse sur l'un de ses vaisseaux devenu célèbre.

Et, non, ceci n'est pas sans rapport avec le Web, sur lequel les métaphores de la navigation ont eu de beaux jours.

Donc, en quête d'horizons nouveaux ce matin, je suis allée - guidée par ma curiosité naturelle et un brin de serendipité, comme il se doit - visiter les pages de TED.

Il s'agit donc d'un billet plus personnel, entre épistémologie, astrolabes et Web!

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jeudi 6 août 2009

Mode numérique (partie III)

lightTroisième et dernier billet de cette petite anticipation en mode numérique.

13H30 -17H30: Travail. Nouvelles réunions en lifestreaming video, qui depuis son téléphone, qui depuis chez lui, qui depuis un bureau. Certains, ne pouvant être disponibles, ont pré-enregistré leur topo pour une diffusion programmée à l'heure de la réunion. Ceux-là mêmes que l'on peut de toute façon joindre par courts messages sur leurs mobile en cas de question d'urgence. La réunion est également enregistrée - ce qui évite par la suite les "mais si, c'est toi qui devait le faire". Un compte-rendu image et texte est automatiquement envoyé à chacun (<- inutile de dire que visionner une réunion de 3 heures, personne ne le fait). Chaque fin d'année les plus doués se dévouent pour faire un montage - irrésistible - des "meilleurs moments" des réunions de l'entreprise que l'on offre à notre boss au pot qui précède Noël.

17H30 - 18H30: Moment avec les enfants sur le nouveau Wikipédia (quand on pense que ça existe depuis si longtemps!): le contenu proposé est systématiquement accompagné de ressources audiovisuelles, sonores et photos, en navigation tactile ou vocale multi-écrans. Chacun peut choisir son niveau d'explication (facile, avancé, expert, etc).

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dimanche 12 juillet 2009

Comment peut-on être persan? (partie III)

livre_ouvert Suite et fin de ces trois volets d'anticipation, réflexion sur "l'après Hadopi 2", inspirés du procédé des Lettres persanes.

Aref, ami étranger de Pierre - père de famille français - lui répond après avoir écouté sa description des usages numériques dans son pays en 2020.

- Tu sais, nous avons eu les mêmes interrogations à la même époque! Certains étaient partisans de mesures d'urgence comme votre loi. Mais notre histoire et notre culture sont différentes. Et, nous avons emprunté d'autres chemins.

Nos gouvernants ont pris simultanément plusieurs décisions: ils ont eu l'intelligence de se servir d'Internet et du Web et d'aller chercher quelques uns de ceux qui connaissaient très bien ces techniques et ces usages pour les intégrer au processus. C'était courageux face à la pression de certains. Et cela leur a permis également de créer, disons, une passerelle de communication entre deux mondes (et, ceci dit au passage, de mieux communiquer).

Car, tout y entrait en tous sens: trop connu pour certains, trop inconnu pour d'autres, peur engendrée par la méconnaissance, réactions propagées à la vitesse du numérique, positions archaïques, interrogations restées sans réponses...

Ils ont mis en place deux grandes enquêtes sur les usages du Web, l'une confiée à une prestigieuse université et l'autre à une société spécialisée. Et, en parallèle, ils ont fait circuler quelques sondages ciblés.

Dans le même temps ils ont développé très rapidement des processus de formation et d'information grand public à ses "nouveaux usages": l'ère numérique succédait à l'ère industrielle, il fallait s'y adapter sans tarder. Les moyens financiers ont été portés là, plutôt qu'ailleurs. Il ne fallait pas laisser de côté les populations les plus jeunes - qui étaient des usagers mais sans la maturité nécessaire - et les populations les plus âgées - qui apprenaient à découvrir ces outils et augmentaient en nombre.

Ils ont également commencé rapidement à travailler sur les réformes nécessaires à l'économie : gestion des droits, rémunérations des auteurs et artistes, publicité, modes de financements de contenus spécifiques, synergies entre acteurs, etc. Il était urgent de réformer plutôt que d'essayer de boucher les fuites qui s'ouvraient sans cesse. Et puis, le mot "culture" demandait aussi à être pensé à nouveau. Non, que les bases en soient réellement différentes, mais d'autres formes apparaissaient, d'autres types de création. Il en est ainsi depuis que le monde est monde (mais l'on connaît mal l'histoire des idées sans doute).

Ils se sont souvenus qu'ils appartenaient à une histoire ou la démocratie tient une place centrale - toujours fragile - et, il y avait dans les usages induits par ces technologies, comme à chaque fois, le pire et le meilleur: une société numérique où la surveillance devenait la base d'une vaste paranoïa, ou, à l'inverse, une société ouverte et libre, qui favorisait les collaborations et les échanges et trouvait un modèle économique.

Certains politiques ont même eu dans l'idée que ceci préfigurait d'une certaine façon la société "de demain", lasse des grands mouvements de capitaux, de grands groupes, des grandes actions, qui commençait à construire une sorte d'artisanat moderne, morcelé, modeste, mais recomposé et capable d'essaimer à grande échelle (paradoxe s'il en est). Un changement de paradigme était en cours, il fallait l'analyser et le penser sous peine de voir les choses s'échapper en tous sens...

Aujourd'hui, chez nous, chacun est formé à ses usages, chacun a accès à ses outils dans des conditions raisonnables en terme de coût, notre société a changé. Il y a des dérives bien-sûr et des monopoles aussi, mais, globalement, nous nous sommes adaptés.

De chez moi - mon domicile - où j'enseigne ces usages aux enfants, je suis surpris de constater les changements sur ces générations. Ils semblent avoir développé des modes de pensée associatives et collaboratives pas inintéressants. Ils sont aussi beaucoup inscrits dans le plaisir, la distraction, mais mon enseignement prend en compte cette dimension, pour aussi favoriser d'autres usages et leur apprendre à décrypter cela.

Pierre, mon ami, je t'invite, tu le sais, à venir passer quelque temps dans mon pays, nous pourrons ainsi échanger et dialoguer et, qui sait, les choses bougeront peut-être....

Crédit Illustration - mariolina - copyright PhotoXpress

lundi 6 juillet 2009

Télé d'antan, Outils d'aujourd'hui

Ete_TIC Manque l'Esperluette dans ce titre (n'en déplaise à la vraie) - oui, le signe & - celui qui lie les choses, et qui, ici, pourrait relier télévision et Web.

Car je reviens des étés TIC de Rennes, et notamment d'un atelier intitulé "La diffusion audiovisuelle et les nouveaux médias".

Vous imaginez bien que je ne pouvais louper ceci: la télévision, d'où je viens, le Web, où je veux aller (professionnellement s'entend), dans l'idée de lier les deux en utilisant de "nouvelles" formes.

Comme je maîtrise l'un et que je n'ai de cesse d'observer et d'apprendre de l'autre, j'avais hâte d'écouter ce qui allait s'y dire.Y aurait-il - enfin - des passerelles, des adaptations, des synergies? Les uns se risqueraient-ils à "l'aventure" du numérique? Les autres penseraient-ils des contenus audiovisuels innovants?

Pour en parler, deux acteurs circonstanciés: Jean-Luc Nelle ( Directeur général de TV Rennes 35 et Président de TLSP, l'union des télévisions locales de service public) et Bruno Westeel ( Directeur Marketing en charge des Services Mobiles Multimédia chez Alcatel Lucent). L'animation du débat était assurée par Jean-François Bertrand du Conseil régional de Bretagne.

La présentation est importante, car l'un vient donc de la télévision et du service public, et l'autre du privé et d'un grand groupe spécialisé en réseaux haut débit, technologies IP, etc (pour les précisions, voir par ici).

Lors des échanges, il a notamment été question d'économie - le nerf de la guerre:

- Côté télévision locale: comment financer. Ici, on parle du soutient des collectivités territoriales et de syndication de programmes - je ne vais pas refaire l'historique des télévisions locales, longue, très longue histoire, toujours en recherche d'équilibre et de viabilité.

- Côté grand groupe, la TMP (Téléphonie Mobile Personnelle) par exemple et ses applications.

- Côté télé d'antan & outils d'aujourd'hui: comment trouver et fédérer une audience à travers des contenus adaptés. Avec une analyse très pertinente (Bruno Westeel): adapter le fonctionnement des réseaux sociaux, des communautés d'intérêts à ces services (à quand des WikiTV demande-t-il par exemple). <- à quand vous voulez, c'est une idée qu'il me plairait de développer!!

Rennes1 Avec ces problématiques, surgit très vite pour les professionnels un autre questionnement autour de l'économie et des contenus. Et là, en écoutant les interventions, je m'aperçois que depuis que j'ai quitté l'audiovisuel, les choses ont - changé certes - mais pas tant que cela.

Je rappelle qu'il y a quatre ans, quand les producteurs (dans leur majorité) entendaient parler de V.O.D - par exemple - ils considéraient cela comme une sorte de vague utopie, sans économie possible. Certains poussaient des cris d'orfraies, d'autres s'en désintéressaient. Les diffuseurs (entendez: les chaines de télévision) ont été eux plus rapides, et c'est normal. Vidéo dites de "rattrapage", actualité, exclusivités pour le Web, etc...

Or, tout ceci pose, encore et toujours... la question des droits - souvenez-vous: Hadopi! Pour pouvoir diffuser des contenus audiovisuels il faut acheter ou vendre des droits (de manifestations sportives, d'auteurs, etc). Outre une création spécifique, le stock (de programme) est énorme, mais les droits souvent non négociés - ce qui suppose de les "lever", c'est à dire de mener de longues et minutieuses enquêtes et négociations* auprès de ceux qui les détiennent, ou bien de les inclure, puis... de payer.

On en revient à l'économie.

Bruno Westeel (Alcatel-Lucent) a donné quelques exemples très parlants: notamment celui des accords passés entre Google et les majors côté musique - sous entendu: observons ce qui se pratique déjà -, avec les accords conclus pour la Chine: les majors ont accepté de laisser Google diffuser sur ce territoire, en échange de 50% des revenus de la publicité. Voilà une démarche futée: plutôt que d'essayer de contrôler l'incontrôlable, mieux vaut être assuré d'un minimum de recettes.

Certains ont aussi renoncé aux fameux DRM (Digital Rights Management), et passent des accords de ce type. Mais, ceci ne se joue pas partout, loin s'en faut!

Quand je vous répète à longueurs de billets qu'il faut une réforme du droit d'auteur et des modes de rémunération, et que rien ne sert de tenter de contrôler à tout va (pour jouer "les pompiers", dixit)... Parce qu'il semble que beaucoup continuent d'avancer à l'aveuglette au lieu de prendre le taureau - numérique - par les cornes (<-oui, bon). En d'autres termes: au lieu d'ouvrir le chantier, d'innover, de dépoussiérer, d'adapter, l'ancien monde se méfie du nouveau. Ce n'est pas nouveau justement, mais quand même! Que ces forces d'inerties m'exaspèrent. La technologie (en Occident) est globalement là et, pour le reste, on pinaille sans essayer - souvent, mais pas toujours - de voir plus loin que le bout de son nez.

Pour trouver un équilibre financier, pour laisser accéder gratuitement ou à moindre coût - ce qui existe historiquement pour la télévision - il faut s'attaquer au chantier (et pas prohiber).

Nous sommes dans une ère numérique qui, même si elle n'est pas encore limpide pour tous, est bien présente: dans nos environnements immédiats (de façon "invisible" aussi car inclue dans des technologies dont nous ne voyons même plus le fonctionnement - des CD aux passes du métro, pour ne citer que ceux là -) , dans nos usages, notre quotidien.

Il est urgent de la penser et de s'y adapter.

Tiens, pour finir et en guise de conclusion, prenons l'exemple des enfants, ceux qui seront là demain: vous aurez sans doute remarqué qu'à deux-trois ans, ils sont déjà familiers d'un écran d'ordinateur et qu'ils savent manier très vite les télécommandes, claviers, et autres boutons (générateurs de satisfaction, de distraction, notamment). C'est déjà inscrit dans leur environnement.

Face à cela, on peut choisir d'ignorer (vive l'avenir!), ou, au contraire, de prendre le temps d'y réfléchir, d'en penser les différentes facettes, d'essayer d'éviter le pire, et surtout, d'y construire le meilleur.

Rennes2

  • Côté droits, et puisque nous sommes sur un blog emploi: pour ceux qui voudraient m'embaucher, sachez que je maîtrise la question ayant passé des années de négociations sur des archives et des contrats...

NB: après ces "envolées", un autre billet suivra pour restituer un peu l'ambiance générale des étés TIC et d'autres ateliers.