Dessous des cartes
Par Véronique Rabuteau le mardi 25 septembre 2012, 05:51 - Un autre regard sur le Web - Lien permanent
Cela faisait un moment que je guettais quelque chose comme la vidéo ci-dessous. L'intervenant, Andrew Blum est un jeune journaliste, auteur d'un livre:Tubes, A Journey to the Center of the Internet.
Le titre est un peu 'spectaculaire' (il faut bien vendre), mais l'idée est intéressante: il s'agit d'une description de la constitution physique des réseaux: data centers, câbles sous-marins*, etc. Tout ce qui est nécessaire à la transmission des données (et à leur stockage).
C'est intéressant car nous utilisons quotidiennement ces techniques évidemment sans les voir, ni parfois même les soupçonner. D'aucuns diront: nous utilisons bien des voitures sans connaître tout ce qu'il y a sous le capot! Naïveté que de 'découvrir' tout cela. Pourquoi vouloir connaître les principes du moteur à explosion!!
Il ne s'agit bien sur pas du détail, mais de la reconnaissance de processus, de contrebalancer - aussi - la technomagie (demandez aux développeurs et regardez des lignes de code). Et je pense aussi aux plus jeunes qui grandissent dans ce monde fluide, glissant d'un écran l'autre.
Pour beaucoup, il y a un aspect 'magique' dans cette immédiateté d'Internet qu'il faudrait un peu dissiper. Non pas pour perdre une capacité d'émerveillement ou de curiosité, mais pour garder 'les pieds sur terre'. J'écris régulièrement par ici sur le fait que ces outils que nous utilisons, dans un monde devenu 'digital', sont le plus souvent la propriété de grandes entreprises privées. Les exemples ne manquent pas (Google n'est pas' mon ami') et, pas plus tard qu'hier, le bug de Facebook rendant visible aux yeux de tout un chacun des messages privés d'utilisateurs (voir ici), et son démenti, en disent long sur les instants où nous prenons conscience de certaines réalités.
De l'importance de comprendre, de l'importance de réseaux parallèles, et de la diversité...
- câbles sous-marins: un élément qui existe depuis l'invention du télégraphe et qui est toujours utilisé aujourd'hui pour la transmission des données.
Illustration: Bonkers World - Manu Cornet.




Commentaires
Même si on peut utiliser convenablement les choses sans rien savoir de concret concernant leur fonctionnement interne, je pense qu'il est opportun de savoir un strict minimum des détails qui font que nos technologies utilisées quotidiennement continuent à fonctionner !
Véronique, combien vous avez raison de nous inviter à regarder la Toile de manière globale.
D'abord parce que sans réseaux physiques (tuyaux, câbles, relais, branchements...), le virtuel n'existe pas !!!
Pareil pour toutes les machines et périphériques en tous genres, logiciels...
Derrière tout ça, il y a une industrie, des entreprises, ingénieurs, techniciens, ouvriers qui bossent dur (parfois dans des conditions ignobles) pour que Mme ou M. Michu puisse commander la dernière tablette à la mode, ou cliquer sur un pouce pour dire "J'aime" ici ou là sur un réseau "social" lambda.
Ensuite, ça permet de constater qu'un pays sans industrie est un pays qui s'appauvrit sur le plan des savoirs, de la maîtrise des techniques et des sciences ; aussi sur le plan économique, culturel, social. Suivez mon regard...
Car ne l'oublions pas ou au besoin rappelons-le. C'est l'industrie qui fait les services et non pas l'inverse. Sans industrie pas de services. Ou sinon de domestiques, coiffeurs, cuisiniers, réceptionnistes.
C'est pour cela que je conseille à tout lecteur, toute lectrice de ce billet de lire les quatre volumes (près de 700 pages chacun) de "L'Histoire générale du travail".
En annexe du volume 4, il ou elle trouvera une "Chronologie de 1914 à 1997". Sous la forme d'un tableau à deux colonnes, elle met en correspondance : L'Histoire générale et L'Histoire du Travail et des Techniques. Autrement dit, on part de l'invention du téléscripteur par la société Markrum de Chicago en 1916 pour arriver à la commercialisation d'un écran plat à cristaux liquides par la firme Sony en 1996. Et avec un petit effort, pour autant que l'on prenne le temps de penser et de réfléchir, on peut soi-même compléter cette chronologie.
Alors, Véronique, merci de nous inviter à remettre les pendules à l'heure.
@ + Pierre-Antoine
à mon avis mieux comprendre les technologies permet de mieux les maitriser donc de mieux les utiliser (en particulier pour internet ...)