Évidemment, je ne suis pas psychologue, donc, ce qui suit n'engage que moi. Il faudrait aller lire par ici pour, petit à petit, mieux cerner le sujet (si j'ose dire!).

Juste, une première chose. L'auteur de l'article du New-York Times est écrivain. Et ce n'est pas rien. Il me semble qu'elle accomplit exactement là en écrivant son tweet œuvre littéraire plutôt que sentiment ou simple ressenti. C'est son talent et son métier que de composer et mettre en scène.

Ensuite, nous ne sommes heureusement pas tous en ligne en train de rendre compte de nos moindres faits et gestes. Bien-sûr, on peut régulièrement lire "suis dans le train", "ou "suis place untel, quel bel endroit". Et puis, on peut aussi vouloir rendre compte - pourquoi? - de moments plus complexes, de sentiments plus fins, d'impressions plus ténues. On peut aussi, par exemple, utiliser une photo pour restituer un moment particulier. Ce faisant, il s'agit également d'une forme de composition.

Mais, je pense que ces compositions font partie de nous-même, en ligne ou pas. Il ne s'agit pas, avant tout forcément d'auto-promotion. Certains peuvent, et doivent, se construire des personnages parce qu'ils sont en représentation, pour une raison ou pour une autre. Mais, en ligne, seule la composition la plus vraie, la plus proche de ce que vous êtes, "fonctionne".

Et cette construction, où qu'elle se fasse, contribue justement à façonner ce que nous sommes. Par l'expression d'imaginaires, par les choix.

Il s'agit aussi d'interactions. La différence entre vie "réelle" et exposition en ligne, c'est que le nombre de personnes y est plus important et pas nécessairement familier (mais, dans la vie , nous ne sommes justement pas tout le temps, et pas souvent, dans le cercle protégé des familiers).

Ce qui implique, à l'évidence, beaucoup de conséquences, mais pas, je pense, en premier lieu, cette performance psychologique à tout prix.

Si vous avez un avis sur ces questions ou une lecture à suggérer, n'hésitez pas!

Photo: Renata Osinska - copyright PhotoXpress.com.

- L'article du NYT: I Tweet Therefore I am

- Le billet d'un blogueur américain: Deric Bownds' MindBlog: I Tweet Therefore I am