L'image du Web. Un point de vue.
Par Véronique Rabuteau le mardi 13 octobre 2009, 12:51 - Un autre regard sur le Web - Lien permanent
Avec le nombre de pointures en marketing présents sur Internet et le Web, je me demande pourquoi l'image du Web n'est pas meilleure auprès de ceux qui en sont moins familiers?
Ceci peut avoir l'air d'une banalité. Des statistiques existent bien-sûr (publiés tantôt par les uns, tantôt par les autres suivant le but poursuivi). Mais peut-être faudrait-il mettre ces sujets un peu plus sur le devant de la scène, de façon simple.
Voici en tout cas ce que j'entends bien trop souvent autour de moi, venant de personnes d'horizons et d'âges multiples qui pensent que:
- Twitter sert à raconter sa vie.
- Les réseaux sociaux: qu'est-ce que c'est? (FaceBook est cité comme valeur emblématique et unique).
- Sur Internet: il n'y a que des rumeurs et des mauvaises blagues (je reste polie).
- Ça prend trop de temps, on n'a pas "que ça à faire" (et à l'évidence c'est une problématique pour les entreprises).
Que leur répondriez-vous? Qu'en pensez-vous?
Pensez-vous qu'il faut être plus "évangéliste" sur ces usages? Pour ma part, j'en suis persuadée et, sur ces quatre points, je dirai:
- Réponse (rapide) deux en un: Twitter "sert" à beaucoup de buts différents.
Certains l'utilisent simplement pour "écouter"ce qui se dit, avec des nuances: écouter comme l'écho d'un grand bruit de fond du monde; s'informer en temps réel des principales actualités; pratiquer une veille d'information sur certains sujets. Sachant que des spécialistes de nombreux domaines y sont présents. Y compris certains très pointus.
Certes, Twitter indique d'entrée de jeu "What are you doing?"(<-le service devrait être bientôt en français et de nombreuses autres langues). Mais.
On peut parfaitement éviter de dire "je prends le train" ou "je suis sur le quai de la gare", mais on peut aussi, de temps en temps, être tout simplement humain et partager un peu, échanger (<< réseau social veut dire relier des personnes, des individus, et pas nécessairement des égos). Il s'agit d'une construction, et, parfois aussi, d'une co-construction. et, comme dans la vie réelle, il y a des affinités, des amitiés, qui se tissent au fil du temps.

- Non, sur Internet, il n'y a pas que des "geeks" caricaturés en "nerds": entendez de jeunes férus d'informatique ébouriffés, (barbus) à lunettes, passionnés de nouvelles technologies, de gadgets high tech, qui piratent tout tout le temps parce que eux "ils savent" et se moquent bien de se qui se passe dans la vie et ses, dures, réalités!
Et, non, il n'y a pas que des vidéos idiotes et des blagues lourdes (<- certaines sont parfois très drôles). Il y a des humours subtils, des caricaturistes, des dessinateurs, des chroniqueurs de talent, de tous horizons. Avantage: sur Internet les autres (qui ne sont pas que "l'enfer") vous aident bien souvent à les repérer. Soit, simplement parce qu'ils leurs plaisent, soit parce qu'ils savent que cela va vous plaire (et certains, parce qu'ils ont quelque chose à vendre, aussi!).
- Sur le temps: il est vrai que pour utiliser un service de micro-blogging en temps réel (comme Twitter), cela prend du temps. Je pense que le temps n'est pas forcément celui que l'on croit: il ne s'agit pas d'y passer ses journées (certains peuvent le faire), il s'agit plutôt de durée. Choisir ce que l'on y diffuse, mais être présent régulièrement.
D'ailleurs, du côté des entreprises, cela aurait-il un sens que de propulser des dizaines d'informations? Pas plus que du contenu sur tout et n'importe quoi.
Si certains sont capables - tout existe - d'aller très vite; si leur personnalité (il y a toujours "quelqu'un" derrière) est particulièrement charismatique, etc, oui, ils peuvent être très populaires. Ce qu'ils publient sera alors fortement propagé. Mais ce n'est pas donné à tout le monde, et ce n'est pas forcément le but à atteindre.
Côté entreprises: il faut probablement soit choisir d'externaliser, soit, si c'est une gestion interne, associer l'ensemble des personnes concernées, le construire comme un projet. Je l'ai encore lu récemment (source anglophone): tout centrer sur une seule personne peut-être un risque si la personne quitte l'entreprise par exemple.
Ceci est valable pour certains postes, même en dehors d'Internet. Ici, l'angle du projet commun - avec une personne à sa tête si nécessaire - , me semble le plus adapté.
Il me semble plus que jamais nécessaire d'établir des passerelles, des formations, des échanges de point de vue, entre ceux qui sont les plus familiers de ces usages et ceux qui le sont moins. Il en a été - un peu - question au moment des actualités Hadopi, il faut continuer. Non?
Photo 1 Kob - copyright PhotoXpress - Illustration 2




Commentaires
Ah oui, il n'y a pas que des barbus à lunettes sur le web ?
Pour ce qui est de l'image, elle à mettre en rapport avec une certaine image relayée par les médias, souvent dépassés par cette information en temps réel qui les court-circuite... Pour le reste, cela a été sans doute trop vite pour beaucoup, il faudra juste attendre que les usages rejoignent les possibilités... Ce qui peut prendre longtemps !
P.S. le lien d'origine de l'image est celui-ci :
http://geekandpoke.typepad.com/
He bien la caricature est rude ^^.
Mais malheureusement vrai, autant pour les particuliers que pour les professionnels.
Ce qui est d'ailleurs très triste pour les pros étant donné le vivier de client que contient internet.
"Chef d'entreprise magazine" reprend ce mois-ci une étude réalisée par Olfeo, éditeur d'un outil de sécurité internet : on compte une heure par jour de surf perso dans les entreprises en moyenne, soit une perte globale de productivité de 14 % . Si le volume horaire était transféré à domicile, à production égale, le problème du chômage serait résolu. Autre possibilité d'analyse : pour se maintenir en poste, les salariés ont besoin maintenant de soigner leur réseau virtuel (afin d'éviter le harcèlement et tout ça). Les relations comme toujours. On critique le fils de son père, parce qu'il ne sera pas à la hauteur de ses tours, mais on oublie qui était l'inspiratrice effective de la pyramide à l'autre bout de la perspective. Entre les deux, il y a l'arc de triomphe, bien sûr, pour tous les tartempions.
@Modérateur: je ne vois pas du tout ce dont tu parles
Pour le reste: oui, mais cela ralenti beaucoup les choses (en France en tout cas), et notamment en direction des entreprises. Il y a vraiment des fossés. Et merci beaucoup pour le lien. Je corrige.
@ d'elia gill: et encore, j'ai été modérée sur ce que je peux entendre; il y a de vrais intérêts, des curiosités et parfois aussi un grand mépris; c'est d'autant plus dommage que cela freine la connaissance de tout cela dans ses meilleurs aspects (pour dire vite).
@Gé: dans ce cas, combien perdent de temps à la machine à café? Ou entre deux portes. Il faudrait savoir de quel type d'entreprises il s'agit et de quel type de personnes. je vais regarder si je trouve l'étude.
... des possibilités énormes certes mais pas toujours exploitées à bon escient... J'aime ta vision prospective et pro-active car elle est la plus positive et la plus rationnelle... Finalement, l'outil n'est que ce que l'homme en fait : porteur de nos valeurs comme de nos dérives... en espérant que les dernières ne prennent pas l'ascendant sur les premières (ce qui donne au web cette bad e-reputation)...
Toutefois, je te rejoins sur le point d'objectif commun et finalement du "vivre ensemble" porteur de partages et de richesses...
Je t'embrasse bien fort
Le net, c'est comme la vie: faut peut-être le vivre non?
Et prendre ce qui nous convient.
@Sylve: merci
Je t'embrasse également.
Et, au-delà, beaucoup sont encore frileux ou pas informés tout simplement. Sinon, oui, bien-sûr, chacun peut trouver ce qui lui convient c'est bien la richesse de tout cela. Bon week-end.
@Pascale: côté entreprises il vaut mieux avoir de solides arguments
Il faut savoir trier ! Il y a tellement d'infos importantes et utiles sur le net, le problème est qu'il faut trier et ne pas se laisser avoir par la première info trouvée..
C'est sûr qu'il ne faut pas prendre tous ce que l'on vois sur le net comme argent comptant.