Twitter et entretien de recrutement
Par Véronique Rabuteau le vendredi 25 septembre 2009, 09:35 - Communauté - Lien permanent
Ce billet est inspiré... par un autre, que l'on doit à Lilian Mahoukou publié sur le Projet Doppelganger intitulé "Question à un entretien: qui suivez-vous sur Twitter?".
La question a été originellement posée aux États-Unis où l'usage de Twitter (service de micro-blogging, ie publications en 140 caractères en temps - quasi - réel<-mieux vaut le dire à nouveau).
En France son usage étant nettement moins développé, la question peut paraître moins pertinente, et pourtant...
Lilian Mahoukou pose deux autres questions: Que répondriez-vous ? Et côté recruteur, est-ce une question à poser ?. Vu que nous sommes ici "côté candidat", je répondrai à la première, tout en transmettant ce que j'ai expérimenté sous forme d'approche pour la seconde.
Il y a bien-sûr un présupposé à tout cela: il faut que et l'un et l'autre (recruteur et candidat), soient familiers de ces usages; ce qui suppose quand même une certaine catégorie de professions.
Je répondrai en orientant mes choix en fonction du poste pour lequel je postule. Lorsque vous écrivez une lettre de motivation, vous faites - je l'espère - la même chose.
Je répondrai également de façon à donner de l'information au recruteur sur ma personnalité et , éventuellement, mes centres d'intérêts, si ça s'y prête. En indiquant également quelle est l'utilité de ce service pour telle ou telle activité.
Et même si un recruteur vous demandait soudain: "Et pourquoi suivez-vous @tarteauxfraises (<- bon, je ne l'ai pas encore vu celui-là, mais, sait-on jamais), ou @dailynuts, les réponses peuvent être multiples:
- D'abord, ne pas se fier aux apparences: certains ont des noms très sérieux et publient n'importe quoi! D'autres ont des avatars ou des noms fantaisistes et publient des choses intéressantes.
- Vous avez le droit de vous détendre, de plaisanter, aussi! Étant donné qu'il s'agit de "médias sociaux" (ce qui peut vouloir dire tout et n'importe quoi), c'est quand même vivant comme chose!
- Vous pouvez aussi considérer que cela relève de votre vie privée, même si elle est publique (@tarteauxfraises est votre petit cousin... on ne choisit pas sa famille!).
Plus sérieusement: en réalisant cet été la série de portraits "Instantanés numériques", j'ai beaucoup utilisé Twitter pour m'aider à mieux cerner la personnalité de chacun (dans la mesure de mes moyens).
Il faut l'utiliser en recoupant avec d'autres sources d'information, mais on apprend beaucoup via ces fameux 140 caractères.
A éviter à tout prix - par exemple - de penser que parce qu'une personne pointe les mots "H1N1" (!!) ou "HIV", il serait malade ou aurait quelqu'un de son entourage concerné.
Peut-être, mais peut-être pas! Laissez cela aux robots (bots) qui vous accrochent instantanément dés que vous "prononcez" - virtuellement s'entend! - un mot clé: ils vous foncent dessus.
Il faut y passer du temps. Sans doute les recruteurs vraiment impliqués dans la recherche de certains talents et familiers d'Internet peuvent le faire. On obtient ainsi des profils très nuancés - enfin, ça n'est que mon avis.
Enfin, on peut aussi imaginer qu'un recruteur (pervers?) pourrait aussi inverser la question: Pourquoi pensez-vous que l'on vous suit sur Twitter?...
Si vous êtes inspirés, laissez vos commentaires à Lilian Mahoukou chez Doppelanger, cela peut-être intéressant pour eux. (et pour vous en lisant ce qui s'y échange!).
Enfin, pour prolonger l'analyse côté recrutement 2.0, un billet récent à lire sur Le Blog du personal branding (Fadhila Brahimi), qui documente et analyse ces questions.
Photo Alex White - copyright photoXpress




Commentaires
Merci de partager vos idées sur le positionnement des recruteurs vis-à-vis de médias sociaux comme Twitter dans notre cas.
Comme vous le précisez, les places "sociales" comme Twitter sont faites pour rencontrer tout type de profil comme dans la vraie vie; en évitant tout de même les robots
Ce qu'on trouve sur nous dans Twitter est hautement dépendant du but recherché : utilisation dans le cadre professionnel (ou d'une recherche d'emploi), détente pur et réseau entre amis virtuels, mix des deux... Un peu comme les autres traces laissées en ligne, il faut avoir une ligne éditoriale bien précise. Trop étaler sa vie ne servira dans tous les cas à rien, mis à part vous couper d'une partie de vos followers qui seront pollués par des détails intéressants. Mais une petite touche d'humain est évidemment importante... Au final, il faut trouver son équilibre, et l'image dégagée sera positive. Comme sur un blog en quelques sortes
Et ne pas oublier que ce que l'on écrit est durable bien sûr !
@Lilan
merci de votre passage.
@Modérateur: oui, et, comme tu le soulignes, dans le mix ou l'équilibre, tout n'est pas lisse - et heureusement. Je pense que l'on retrouve quand même bien la personnalité de chacun, entre les mots, les liens, les idées, les échanges. Je pars du principe que ce qui est dit doit être assumé. Après, tout cela est un subtil mélange en effet. J'apprends tous les jours!
Cela ne remplacera jamais l'entretien physique avec le candidat. De plus, par écrit les échanges sont lissé ce qui peut permettre au candidat d'éviter des lapsus genant.
Merci pour le lien Véronique. j'en profite pour te féliciter pour les billets de cet été sur "la série de portraits "Instantanés numériques". De belles illustrations et analyses sur les différentes façons d'animer son profil sur le Web. Et comme tu le dis "évitons de se fier aux apparences"
@Photo: bien-sûr que non
la question est de savoir si cela a un intérêt dans certains contextes et les échanges ne sont pas si lissés que cela (et quand il le sont c'est assez facile à voir). Bonne journée.
@Fadhila Brahimi: merci pour tout cela. A ne pas manquer, pour ceux qui ne l'auraient pas vu, le billet du jour sur comment s'organiser dans la gestion de projet sur Le Blog du personnal branding donc.
Excellent article! Merci.
Personnellement je ne m'en sers que pour mon travail. Je n'étale pas ma vie sur Twitter. Les personnes que je suis ont tous un lien avec mon travail et celle qui me suivent aussi. Les recruteurs ne devraient pas se fier aux sites sociaux, c'est la vie privée de chacun même si elle est diffusée!