FriendFeed est une petite équipe de 12 personnes, dont les fondateurs viennent de l'entreprise Google.Inc (on leur doit notamment la messagerie gmail, ou l'outil Google map). De brillants ingénieurs qui ont su concevoir un système simple et en temps réel de partage d'information (en provenance de sources multiples, blogs y compris). On peut également construire des échanges et des conversations (média social) autour des sujets, y adjoindre de l'image (photos et vidéos), et organiser et structurer ses sources. A noter - au passage - que l'on peut par exemple suivre les discussions de l'un des fondateurs - Bret Taylor - en un clic: ceci donne une proximité et une familiarité (pas au sens péjoratif) précieuse pour un service: l'un des dirigeant de l'entreprise fait partie intégrante de la communauté.

C'est un service que j'affectionne depuis que je l'ai découvert. Je le trouve beaucoup plus intuitif, élégant et riche que Twitter, mais je continue à utiliser les deux.

Quant à FaceBook: peut-être est-ce - l'inévitable - structuration et concentration d'un secteur en pleine expansion (Web), mais sa position dominante ne me gène pas tant que la façon dont cette entreprise gère les données des utilisateurs (clients que nous sommes). Ceux qui sont familiers du Web le savent par cœur, pour les autres: c'est un ensemble de conditions enfouies dans les recoins des CGU (conditions générales d'utilisation), voir par exemple ce billet pour les explications.

C'est un service que j'utilisais très peu. Je m'y étais inscrite à des fins de visibilité d'une part (recherche d'emploi oblige) et pour "occuper le terrain", c'est à dire identifier ma présence (j'y ai notamment une homonyme, charmante au demeurant). FaceBook est également très prisé pour rester en contact avec des amis ou connaissances. C'est à peu près la seule fonction qui m'intéressait pour quelques personnes. Je procèderai autrement.

D'ailleurs lorsque j'ai décidé de supprimer mon compte, la terminologie proposée en dit long sur l'esprit général: on ne peut supprimer, on peut "désactiver". Ce qui donne le courriel que j'ai reçu ce matin:

Vous avez désactivé votre compte Facebook. Vous pouvez réactiver votre compte à tout moment en vous connectant à Facebook avec votre ancien identifiant et le mot de passe correspondant. Vous pourrez à nouveau utiliser le site comme vous en avez l'habitude.

Ce qui veut dire que toutes les données me concernant sont archivées.

Alors, certes gardez tout cela, certes, un utilisateur de plus ou de moins sur 250 millions... mais je préfère rester cohérente puisque j'en ai - relativement - le choix: conserver un service (FriendFeed) qui est un remarquable outil, ouvert, et supprimer l'autre, en espérant que, dans l'avenir, le premier ne déteindra pas sur le second.

Ce qui veut dire aussi (pour l'avenir) que face à la concentration montante, regardez plus que jamais où vous "mettez les pieds", soyez vigilants sur les informations que vous communiquez (ou pas), changez vos mots de passe régulièrement, choisissez soigneusement, etc.

De mon côté, je vais aller faire un peu de tri pour continuer à me servir et à explorer le Web, car, qu'on le veuille ou non (je me répète sciemment), nous sommes entrés dans une ère numérique à laquelle il convient de s'adapter, avec des tâtonnements, des hésitations, mais surement!

Compléments de lecture (il y aura à l'évidence des analyses plus poussées ultérieurement): Reuters du 10 août (en anglais) - Le Monde du 10 août.

EDIT 9 septembre, à lire cet article (anglais) de Bruce Schneier dans guardian.co.uk :The battle is on against Facebook and co to regain control of our files.