Mode numérique (partie II)
Par Véronique Rabuteau le mercredi 5 août 2009, 10:51 - Un autre regard sur le Web - Lien permanent
Suite de cette anticipation estivale en mode numérique.
10H30: Je vais débrancher manuellement le chargeur de ma voiture hybride, dont la climatisation avait été automatiquement enclenchée un peu plus tôt par la synchronisation de mes agendas électroniques avec la météo: une sortie prévue et finalement annulée que j'avais oublié de mettre à jour. L'erreur est humaine, définitivement!
10H45 - 11H45: Réponses à mes interlocuteurs. Les pictos (ou pics) ont remplacés les courriels: enregistrement de messages vocaux ou audiovisuels transmis directement dans les HomeBox de chacun, quels que soient les services. Inconvénient: en mode audiovisuel, cela oblige à être toujours présentable avant envoi.
Puis, écoute des dernières nouvelles du Parlement d'Internet: organisation - forcément - mondiale apparue en 2020 suite aux contrôles accrus des réseaux: câblo-opérateurs, certains fournisseurs de contenus, certains états.
Les pro accès libre se sont rassemblés, à leurs débuts dans un mouvement très large qui s'est ensuite structuré, comme toujours.
Pour pouvoir fournir des accès haut-débit indépendants (et au plus grand nombre), des câbles sous-marins permettant de transporter les données, des satellites, etc il fallait des moyens financiers colossaux. Sans parler des contenus. Il fallait donc trouver des modes de financement. Quelques donations conséquentes ont aidé: Bill Gates - par exemple - sur ses vieux jours, a légué une bonne partie de sa fortune au Parlement, voulant ainsi faciliter l'accès des pays émergents au numérique. Je vous laisse imaginer les autres donateurs. Le reste est venu des adhésions.
Qui plus est, le mouvement arrivant après la crise des années 2007-2010 (<- pour simplifier) a également fédéré - prenant des allures politiques - un certain nombre de volontés qui visaient le changement de paradigme en cours.
Face à l'affaiblissement périlleux du rôle des États-nations, à la montée des micro-mouvements et à celle des guérillas de tous bords, aux morcellements et fragmentations, et à tous changements en cours depuis l'ère post-industrielle, il fallait trouver d'autres modes de production et de collaboration. Ceci ne pouvait se passer sans cela. Ceux qui souhaitaient profiter de la faille l'ont fait, pour le meilleur et pour le pire, propulsés - et parfois grisés - par ces vitesses exponentielles.
Le Parlement Internet (de son appellation francophone) a donc pris peu à peu un poids conséquent, s'élevant - au dire de ses détracteurs - comme une ultime utopie post moderne et, aux dires de ses défenseurs, comme une nouvelle forme de démocratie participative. Laquelle n'échappe pas (notamment en France) au leadership.
Aux jours d'aujourd'hui, cela ressemble à une sorte de vaste ONU, doté néanmoins de moyens d'interventions virtuels très puissants: co-contrôles des accès réseaux de la planète (une partie du contrôle restant dévolue aux tenants de l'autre bloc, chacun essayant de trouver un meilleur contrôle que l'autre). La dernière présidence a été assurée par les Suédois, forts de leur "faits d'armes" des années 2000. La prochaine est dévolue à L'Union Africaine (au sens de 2035 bien-sûr).
Je poste donc un message sécurisé destiné à voter un tout dernier décret. Derrière, les robots trient les milliards de votes qui affluent. Des questions se posent régulièrement sur les possibilités de manipulation des données par les dits robots, ce qui oblige à des vérifications constantes.
11H45 - 12H45: Pause déjeuner. Invitation multi-écrans en direct avec quelques amis internautes.
12H45 - 13H30: Sieste. Je choisi le programme cognitif doté de mes trois options préférées et indispensables: archivage numériques des rêves sur serveur dédié, (avec un gadget: écriture d'un texte automatiquement généré à partir de ces rêves , très amusant à lire, enfin, le plus souvent); aide à la recomposition mnésique (trop d'informations à retenir, il convient d'aider la mémoire a se structurer en éliminant), renforcement des connexions neuronales (plus difficile à manier mais pratique).
Il est à noter que l'on observe (en laboratoire) les premières mutations cognitives dues aux usages intensifs des écrans, d'une part, et d'autre part l'exploration des similitudes connexion neuronales/fonctionnement du cerveau et Internet (forcément, c'est l'homme qui a inventé cet outil), donnent lieu à de nouvelles applications, et à des mutations adaptatives en retour.
Suite au prochain billet (je voulais me limiter à deux, mais, trop de choses à explorer: en espérant que vous ne vous lasserez pas!)
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Commentaires
je ne comprends pas tout ce que tu racontes mais j'adore...! Continue s'il te plaît
Bienvenue dans le Cyberpunk (dont tu avais déjà parler), ses rêves, ses délires et ses cauchemars.
La matrice peut être porteuse "d'utopie post moderne" mais elle peut être aussi aliénante, voire autre, si une conscience artificielle s'éveille...
Bon, tout ça m'a donné envie de replonger dans mes romans de SF
@Geneviève Rousseau-Cousinie: merci, c'est gentil cet encouragement, mais j'espère que je reste compréhensible quand même.
@GreG Durablement: non, pas Cyberpunk ni matrice, ni conscience artificielle, je penche plutôt côté Ray Kurzweil: ce n'est pas l'homme vs la machine, c'est l'homme & la machine. Et, côté neurosciences, nous ne sommes pas si loin: même hors des expériences type Blue je ne sais plus quoi (cerveau artificiel récemment médiatisé) tous les neurologues (chercheurs) te diront qu'on peut quasi "reproduire" un cerveau. Cela ne veut pas dire "remplacer", ni même comprendre complètement. Et, côté cognition, des études sont en cours - et heureusement - pour penser un peu tout ça - de façon bien plus sérieuse que mes tentatives estivales!
En tout cas, tant mieux pour le SF
Voilà tout ce que j'aime :
* anticipation
* analyse plus que profonde et réfléchie
==> un peu de SF dans ce monde de brutes qui montrent aux lecteurs les dérives dans lesquelles on est en train de plonger tête baissée. Un bien ou un mal ? A étudier pour chacun. Disons que c'est "juste" une information.
Je vais peut-être me relire "le meilleur des mondes" moi ou revoir Gattaca...
@Evy, merci
Gattaca, c'est effectivement pour ta "branche" professionnelle.
J'aime toujours et en plus je me retrouve sous les rêves. Merci.
... Gattaca, Matrix, Génération Protéus, Total recall etc... etc... + un brin de Ray Bradburry... J'adore... J'espère que tu t'orienteras vers une partie IV et bien plus encore (désolée j'ai lu dans le désordre et mes coms sont quelque peu inversés...) mais aussi l'hologramme de mon écran sur le mur ne m'a pas prévenue de lire les messages dans le bon ordre, ah ces hologrammes, ce n'est plus ce que c'était !
Bizzzzzzzzzz
@arf @Sylve: merci à tous deux