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Par Véronique Rabuteau le mercredi 6 mai 2009, 13:05 - Un autre regard sur le Web - Lien permanent
Je vais vous raconter une histoire. Elle à trait au Web et à l'audiovisuel. Elle est simple et modeste. Elle tend à prouver que les hommes de bonne volonté peuvent toujours faire quelque chose, même si ça n'est pas grand chose.
J'ai demandé un jour sur Viadeo à rejoindre un hub: Solidarités Viadeo. A cette occasion j'entre en contact avec l'un des responsables, Jean Ruch, vice président d'une association: l'UNAFTC.
Ce sigle veut dire: Union des Familles de Traumatisés Crâniens. Pour ceux qui ne connaissent pas - et sans vous entrainer dans une longue description, ne fuyez pas - un traumatisme crânien, comme son nom l'indique, est un choc sur la tête.
Et, comme son nom ne l'indique pas, lorsqu'il est très violent, il change la vie des gens.
Imaginez...un cerveau dans un fauteuil roulant (surnom: "le handicap invisible"). On peut ne pas le voir de l'extérieur, mais ça génère une palette d'effets à des degrés divers, qui vont des troubles de la mémoire - des pans entiers de vie effacée, l'impossibilité de retenir ce qu'on a fait 5 minutes plus tôt - des troubles de l'apprentissage chez les plus jeunes, des personnes qui s'énervent pour un rien, explosent sans prévenir, disent tout haut se que les autres pensent tout bas, et ce, dans toutes circonstances, sont perdus, ne retrouvent plus leurs affaires, leurs enfants, leur maison, perdent leur travail et - parfois - leurs amis, un peu gênés.
Pour leur famille, leurs proches, ces personnes deviennent étranges, elles sont elles-mêmes, sans vraiment l'être, et ce, du jour au lendemain pourrait-on dire. Évidemment, personne n'est préparé à ça.
Jean Ruch, dans nos échanges, me rappelle un film documentaire que j'ai produit en 2004 (pour une société de production) ''Ni tout à fait le même ni tout à fait un autre'' : des traumatisés crâniens et leur familles y témoignent - courageusement - de leur vie. Des experts - médecins, neurologues - racontent ce qui se passe dans leurs cerveaux, avec beaucoup d'humanité.
Il me dit que ce serait bien si ce film était accessible gratuitement sur Internet, à disposition des familles, pour les aider.
Quand je pense que je n'ai même pas eu cette idée moi-même! Ni une, ni deux: appel au producteur (Paul Saadoun - 13 Production) et à la réalisatrice (une grande dame) Marianne Lamour. Ils ont donné leur accord immédiatement.
Qu'ils en soient encore une fois remerciés, car il n'est pas ici question de droit d'auteur ou de rentabilité. Aux jours d'aujourd'hui, il fallait quand même le souligner. Si vous saviez ce que ça me fait plaisir que ce film soit ainsi sur le Web!
Il sera donc visible en streaming sur le site de l'UNAFTC, j'espère courant semaine prochaine. Merci à Jean Ruch qui s'en occupe. Prenez 50 minutes de votre temps pour aller le voir, ça les aidera, ces fameux TC (traumatisés crâniens), qui sont 160.000 chaque année en France.
Un très court extrait (en attendant). Témoignage d'une mère.




Commentaires
Merci Véronique de ce fil sur votre blog.
Le sujet est si vaste et si méconnu du grand public...
Et fort malheureusement l'incompréhension est trop souvent présente pour le grand public, les amis, la famille... PERSONNE n'imagine ce que peut représenter le trouble existentiel vécu par une personne traumatisée crânienne, pas même moi, qui le vit avec ma femme depuis 15 ans. Sans parler du handicap visible...
Cette expérience a bouleversé nos vies, et continue à influer tous les jours sur nos choix, parfois difficilement, parfois positivement (je n'imaginai pas avant cet accident que la vie puisse changer, ni meme que ce monde du handicap était là, à grande proximité de tous (pour ceux qui acceptent de le voir et le comprendre)
JE suis aujoujrd'hui papa, et fière de la façon dont ma femme a relevé le défi de l'éducation de notre fils Martin, fier parce qu'au delà de toute reconnaissance par le travail (a quand le droit au non travail pour ceux que personne n'embaucherait par manque de rentabilité, vitesse, mais surtout d'accompagnement...) elle assume avec ses difficultés le quotidien avec un moral d'enfer...
Une belle leçopn de courage, que j'ai retrouvé avec plaisir dans ce film "ni tout à fait le meme ni tout à fait un autre" dans le récit d'inconnus qui m'ont pourtant paru si familiers...
Bientot en ligne en intégralité.
Merci de votre démarche, et de votre soutien.
A bientot
Jean RUCH
Merci à vous Jean. Je comprends votre fierté.
Merci également de souligner ainsi le ressenti et l'intériorité des traumatisés crâniens.
Bien à vous, et oui, à bientôt, je l'espère.
En direction de ceux qui hésiteraient: vous pouvez commentez
C'est juste une initiative et un échange.
Le témoignage que tu publies et fait diffuser avec générosité est poignant ; on prend conscience effectivement, et en quelques images, de ce qu'il faut assumer devant une telle situation.
Merci Carole. Cette femme, Chantal, est une personne formidable qui plus est.
Super Véronique, tu seras dans mes coups de coeur lundi prochain.
Bravo pour l'initiative, même si tu n'y avais pas pensé toi-même ;o)
Oh! Merci Michèle pour tout cela
A bientôt.
Merci Véronique, pour la mise en ligne de ce reportage.
Je viens de le visionner. Comme ces familles ont du se sentir désemparées ! J'admire leur force !
Mais ce documentaire me laisse encore plus révoltée contre tous les chauffards, et plus inquiète, à l'heure où mon fils aîné s'engage sur la route en conduite accompagnée...
Merci à vous d'être venue me dire cela. Ne soyez pas plus inquiète pour votre fils. On ne peut pas vivre ainsi. Le problème des "chauffards" c'est que, sauf exception bien-sûr, nous pouvons tous l'être un jour ou l'autre,"involontairement", quand on adopte une conduite imprudente etc. La majorité d'entre nous ne s'en rend pas compte, et tant qu'on n'a pas été confronté à quelque chose... Comme disait Jean-Louis Fournier (écrivain, ami de Desproges) il faut peut-être se souvenir de conduire avec son cerveau.