Mode mémorial!
Par Véronique Rabuteau le mercredi 28 janvier 2009, 06:19 - Communauté - Lien permanent
L'un des derniers billets de notre Modérateur (sur la gestion de l'identité sur Facebook), m'a entrainé dans des lectures matinales sur la question de l'identité numérique, toujours débattue, ce qui est une bonne chose.
Chacun - et surtout lorsque l'on fait ses "premiers pas" sur le Web - devrait se documenter sur la question. Le problème, lorsqu'on fait son apprentissage en la matière c'est que, par définition, on n'y pense pas forcément! Il faut un peu, beaucoup, de pratique pour commencer à en cerner les enjeux (au-delà de "ne laisse pas traîner tes veilles photos") et les outils permettant de "gérer" au mieux la dite identité.
Mais, juste, revenir un instant sur le point de départ: qu'est-ce qu'une identité? (non, je ne vais pas me lancer dans une dissertation de philo!).
L'identité est ce qui détermine. Ici, un individu, vous, moi. Par "nature" en ce qui concerne un être humain, elle est changeante. Les occasions de la vie, évènements, changements (professionnels et familiaux), l'évolution de chacun (nous ne sommes pas identiques à 14 ans et à 50 ans!), la maturation, les questionnements, les interactions avec l'extérieur (nous ne vivons pas sur une île déserte!), avec les autres...
Or, cette "gestion" de l'identité numérique, sur le fond, c'est un peu comme si elle visait à être, comment dire, plus que parfaite. L'introduction de l'outil informatique vs l'être humain voudrait presque gommer tous ces différents stades. L'individu sur le net se devrait d'être presque "lissé", sans failles. Mais, il n'en est rien.
C'est peut-être la différence (attention: philo!) entre l'observation (introduite par les sciences et techniques) et le sentiment intérieur, la réflexion et le questionnement, issus des sciences humaines.
Le vieux débat entre science et philosophie - écouter à ce sujet l'excellente et, un peu ardue, Conférence de l'Académie de Sciences (janvier 2008), Canal Académie: "Définition de l’identité : la réconciliation entre philosophes et scientifiques" qui rappelle:
Il est donc indispensable pour expliquer l’identité de l’être humain, d’admettre une pluralité de points de vue et une multiplicité de niveaux de connaissance de sa réalité.
Tout ceci ne veut bien-sûr pas dire qu'il ne vaut pas y veiller, ni même ne pas consulter les "conditions générales d'utilisation" de tous les sites sur lesquels vous pouvez être inscrits!
Juste, ne pas oublier que nous sommes humains, et donc changeants; responsables (normalement) et donc à même d'assumer notre identité à multiples facettes.
Enfin, pour questionner les limites - toujours intéressant, cela permet souvent de mieux comprendre - deux billets (qui ont inspiré le titre de celui-ci!), l'un de Demain la veille "Identité numérique post mortem" (qui invite aux contributions) et l'autre de Rue89, "Qu'est-ce qui arrive aux comptes Facebook après la mort?"
Découvrez Charlie Winston!
NB: Google, tu peux indexer ce billet et le conserver ad vitam eternam, si tu en es capable! On en reparle dans 100 ans...
Crédit Illustration: Les Trois Ages de l'Homme - Giorgione




Commentaires
C'est bien le problème, beaucoup ne pensent absolument pas à leur identité numérique lors de l'ouverture de leurs profils ou après... Etre parfait, non (tout le monde a qqs infos en ligne qui ne sont pas "lisses"), mais au moins ne pas être ridicule ou dépasser les limites... Et déjà il y a du travail pour beaucoup (le pire étant à mon goût les photos).
@Modérateur: je suis bien sûr d'accord avec toi (et il y a effectivement "beaucoup de travail dans la majorité des cas); au-delà de ton billet qui est vraiment bien, ce que j'essaie de pointer là est juste une réflexion un peu "humaniste" ; je pense souvent à l'histoire racontée par l'écrivain Romain Gary/Emile Ajar lorsqu'il était en poste en tant que diplomate; un jour (de mémoire) dans les pays de l'est, des personnes viennent le voir avec une enveloppe contenant des photos censées être "compromettantes"; il les regarde, puis leur rend et leur dit "la prochaine fois, franchement, je les prendrais moi-même"...
Pour ceux que cela intéresse, ou qui auraient le sens du détail, j'ajoute les paroles de la chanson du (charmant) Charlie Winston (voir ce billet, clin d'oeil à Esperluette:
http://esperluette.blog.ouestjob.co...).
Boxes
As a child with oceans eyes I smiled
At a world existing just for me;
I built dreams;
But like plastic building blocks
They were knocked down the ground-
I grew up
to a world of compromise
Analising what it means to dream
I don't really wanna understand
Everything in my world
It spoils the fun for me
Come on darling you can take my hand
Blowing kisses into the wind
We'll fly away in our dreams
From the boxes they'll put us in
Who shall we propose to be?
Who am I supposed to be?
With these empty building blocks
I could make a thousand me's
@Véronique : très drôle ton anecdote !
voilà une bien jolie musique que je relaie sur mon blog en dédicace
je ne me lasse pas de tes billets très instructifs. j'avoue ne pas lire les conditions générales et autres licences... j'essaie d'en dire le minimum, pas d'adresse, pas de mensurations
et comme j'évite soigneusement de me faire prendre en photo... je suis tranquille !
quant à my digital native baby, juste son prénom et sa ville. Mais je pense que son blog ne deviendra pas une casserole plus tard
je t'embrasse... passe une agréable journée
@BJC: merci. Quand même, vraiment se méfier des conditions générales (cf Facebook) dans l'article de Demain la veille, je crois.
Pour ton digital baby, je ne crois pas non plus, et puis, tu veille
Merci pour le relais

Sinon, intéressante approche socio-philosophique de cette problématique
... Je connaissais effectivement l'anecdote... Mais il est vrai que la "net réputation" reste une problème qui n'est pas sans conséquence... La vigilance et la prévention étant toujours de mise...
Toujours un délice de lire tes billets !
Je t'embrasse
Sylve
Merci pour ce billet préventif, car une fois que c'est dans la boite ....
@Aref: avec plaisir, et c'est la moindre des choses
@Sylve: oui, et cet homme était un bel humaniste, s'il en est! Merci à toi. Je t'embrasse.
@Carole: tu prends trop de photos :D