Contact
Par Véronique Rabuteau le dimanche 16 novembre 2008, 19:24 - Communauté - Lien permanent
12e semaine pour l'emploi des personnes handicapées, du 17 au 23 novembre 2008.
Plutôt que de développer ce qui sera très bien bien fait par ailleurs sur RJ, un billet dédié à la différence.
«Le contact, c’est l’appréciation des différences», Frederick Perls (psychanalyste).
Sans différence, pas d'intérêt. Tout serait uniforme et dans la norme. Dans le même temps, la norme rassure, elle permet de se rattacher à un cadre commun de références.
Notre regard tourné vers une personne handicapée porte l'empreinte de cette différence qui ne rassure pas.
D'abord, et bien souvent, par méconnaissance: Comment fonctionne-t-il/elle? De quoi va-t-il avoir besoin? Où sont ses faiblesses? Ses forces? Comment réagir? Va-t-il/elle "mal le prendre"?
Ensuite, et particulièrement dans le monde de l'entreprise: il/elle va-t-il/elle aller moins vite? Que se passe-t-il s'il/elle fait des erreurs? Comment lui dire? Comment l'accompagner?
Et surtout, bien sûr, il y a une multitude de handicaps: mal voyance, surdité, tétraplégie, traumatisme crânien....autant de spécificités, de besoins et d'approches différentes.
Alors, simplement: établissez d'abord le contact! Allez vers (l'autre) et laissez venir la découverte; acceptez de remettre en cause les idées reçues; acceptez, parfois, d'entrer dans un temps différent et parallèle; acceptez la surprise, le fait d'être désarçonné, bousculé, voir secoué; acceptez l'humour et, finalement, acceptez d'apprendre.
J'emprunte à BJC pour conclure, une chanson qu'elle connaît bien, que l'on cite souvent en pareil cas - mais c'est qu'elle sonne juste et pique au vif - et vous invite, pendant cette semaine à publier des billets partageant votre expérience, vos interrogations, des informations, ou tout simplement votre réflexion.
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Et puis, une fois n'est pas coutume, ci-dessous une dédicace pour D. qui se reconnaîtra.
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Crédit Illustration; dessin de Albert Tabaot (sourd).




Commentaires
j'ai toujours eu l'impression que les gens avaient honte de parler avec quelqu'un de différent.,
peur de ce que diraient les autres si on les voyait,
pas envie aussi de s'approcher de quelqu'un de moins beau, moins grand., un certain standing à conserver.
Et puis à savoir si la tête marche mieux que les jambes, si la personne est capable de discuter,
ou de quoi on va pouvoir parler, si on ne va pas aborder des sujets délicats sans le vouloir,
et puis le malaise de voir un fauteuil roulant, c'est pour certains comme voir quelqu'un qui a une maladie contagieuse.
on fuit ce qu'on n'a pas envie d'être.?
et puis il y a aussi ceux qui en font trop., qui ont l'air de faire leur B.A. en s'occupant d'un handicapé, comme si on allait leur décerner une médaille ou un bon point pour leur bonne action, qui sait, ça ouvre peut-être le chemin du paradis ?
Et puis il y a ceux qui tentent une expérience, que la curiosité attire, qui étudient les réactions, le comportement de cette espèce en fauteuil roulant.
En fait, ça a l'air bien difficile d'être normal.
j'ai travaillé avec un collègue handicapé. Il était en fauteuil roulant, ça ne l'empêchait pas de conduire sa voiture, de chanter, de jouer de la guitare et d'écrire des chansons, de danser sur la piste avec son fauteuil, d'aller au restaurant, de voyager, de vivre .
Et puis, une fois que tout le monde est assis , où est la différence ?
Régine, merci de ton témoignage et de tes pensées; je pense aussi qu'il doit y avoir quelque chose de "on fuit ce qu'on a pas envie d'être"; idem pour les deux attitudes, trop ou pas assez. Je comprends ta belle conclusion, mais je vais volontairement insister en sens inverse: la différence c'est que cette personne est assise dans un fauteuil roulant, et pas sur une chaise. Que pour conduire, jouer de la guitare - peut-être - danser avec son fauteuil, aller au restaurant, voyager, vivre, il doit à chaque fois déployer des choses que nous n'utilisons pas, ou pas de la même façon, ou pas si intensément: des aménagements (coûteux parfois), une volonté, une attention, une prise de conscience aigüe d'un environnement, une patience et une détermination constante...c'est cela, entre autre chose, que nous pouvons avoir à découvrir. Évidemment cela dépend aussi de la personnalité de chacun; tout le monde n'est pas intéressant de facto en fauteuil, ou parce qu'il/elle est handicapé!
Un sujet tabou. Il est toujours facile de clamer haut et fort qu'une personne est embauchée sur ces compétences mais ce n'est pas la vérité. Handicaps physiques ou psychiques sont une barrière à l'emploi.
Dans la vie de tous les jours, nous sommes très nombreux à dire que nous acceptons les différences. Arrêtons de mentir, nous avons tous soit un faux regard de compassion, soit de la curiosité ou de l'indifférence face à tout handicap que ce soit.
Nous avons tous à apprendre d'une personne handicapée comme cette dernière a à apprendre de nous. Ne nous voilons pas la face, nous sommes des êtres humains, nous avons le droit à l'erreur.
La maladie et le handicap peuvent gêner, c'est normal. À nous d'apprendre à vivre avec...
Véronique, j'apprécie le terme d'accompagnement et non de prise en charge. A la fac, en sociologie, il a fallu que j'explique à un enseignant pourquoi je préférais "accompagner" à "prise en charge"…
Sinon, parler à une personne présentant un handicap est pour moi aussi difficile, ou aussi facile que de parler à une autre personne. Il faut se mettre à sa hauteur (et s’il est dans un fauteuil, ce n’est pas plus facile que si quelqu’un reste assis quand on arrive debout), si son regard ne va pas vers nous ce n’ai pas facile non plus de tourner le notre vers lui… et comme dit Mo, nous aussi on a droit à l’erreur !
@mo: oui, j'entendais tout à l'heure quelqu'un de la délégation régionale de l'Agefiph indiquer que 21% des entreprises bretonnes n'avait encore rien fait en faveur de l'emploi des personnes handicapées (mesures mises en place en 2006).
Sinon, tu as raison de souligner le "droit à l'erreur".
@André: bien sûr qu'il s'agit de réciprocité, enfin non, d'échange justement; avoir droit à l'erreur oui, à l'évidence. Mais, ce n'est pas tant cela que l'absence même de démarche qui est souvent en cause: pour un comme toi , beaucoup n'osent pas, restent enfermés dans leurs interrogations (et leur peur); combien de fois l'ai-je entendu en entreprise!
Un billet et des commentaires touchants... qui rejoignent totalement ce que je pense, difficile de parler quand on n'est pas touché, beaucoup de faux semblants, de maladresses, d'interrogations.
"Prise en charge" connotation négative "accompagnement" connotation positive : toute la différence du choix des mots
Et puis... merci pour GCM. Je l'ai écouté encore cet aprèm et plus encore "Mental". Superbe dédicasse pour D.
je t'embrasse
Beau billet, vous avez tous raison, et, si je peux ajouter ma pierre à l'édifice, un témoignage sur mon blog pour ma filleule sourde de naissance : encore une expérience positive!
http://attentionalaterre.blogspot.c...
@ Merci BJC
@luptidej: je vais te lire de ce pas, et merci à toi.
Encore un billet enrichissant. Merci Véronique.