Un job à la mesure de ses rêves
Par Véronique Rabuteau le vendredi 18 juillet 2008, 07:04 - Talents - Lien permanent

Je vais vous raconter une histoire qui, celle là, n'a rien à voir avec la fiction.
Si vous êtes convaincus à sa lecture, vous buzzez, relayez, reprenez; vous cherchez, vous activez vos réseaux, vos contacts, les amis de vos amis, mais vous ne restez pas sans rien faire.
Ce n'est pas dans mes habitudes d'être ainsi directive, mais là: exception.
Par ici, nous étions quelqu'uns à nous inquiéter du silence d'un blog - normalement très actif - de Régionsjob depuis un bon moment. Son usager publiait billets informés, bien écrits, drôles souvent, généreux toujours, d'humeur parfois (il a du caractère). Il est de ceux qui laisse des commentaires, qui suit, qui aide aussi (je lui dois notamment mon header).
Il a une formation commerciale, a exercé à des postes de responsabilité dans la grande distribution, a repris le chemin des "bancs de l'école" à quarante ans (pour un Master 2 tout de même) pour effectuer une reconversion vers les ressources humaines. Il a ensuite cherché du travail (pour avoir un peu suivi, je peux dire qu'il n'a pas fait les choses à moitié). Rien depuis une longue année.
Cet homme - qui, par ailleurs, dessine, peint, écrit (parfois en alexandrins à cause de Cyrano de Bergerac et pour nous distraire un peu aussi!), a accepté récemment un CDD de trois mois comme manutentionnaire sur un port du Sud.
Non pas que ce métier ne soit pas un métier comme un autre, mais juste qu'il n'a tellement rien à voir avec ce qu'il est...Pour y arriver, il a fallu qu'il puisse convaincre le chef de chantier (pour le coup, il est sur-diplômé) et ensuite qu'il "se taise" comme il le dit lui-même (ici). C'est aussi un métier physique, et chez eux en ce moment il fait 30° à l'ombre.
D'accord, trois mois, qu'est-ce que c'est, pas grand chose (mais, allez-y, levez-vous tous les matins quand vous savez que ce que vous faites est tellement loin de ce que vous voulez). D'accord il n'est pas seul dans ce cas. D'accord...Mais, juste, mettez-vous à sa place un instant.
En ce qui me concerne, je dis toujours "il suffit d'un seul"...Et puis, après tout cela, que va-t-il faire? (certainement me détester parce que j'ai écrit ce billet, le connaissant). J'aimerais bien - pour une fois - être un "blogueur influenceur" pour de vrai; ceux qui le sont ont une capacité d'aide pour les autres qui pourrait aussi être utilisée comme ça, de temps en temps...
Alors, je ne veux pas croire qu'avec tout ce qu'il a déployé, et avec sa tenacité, il ne puisse pas y avoir un job à la mesure de ses rêves et de ses ambitions, là où il est.
Aidez-le par tous vos moyens.
Enfin, pas besoin d'emphase, il faut qu'il trouve un emploi, c'est tout, et on peut essayer de l'aider (en annexe, son CV).



Commentaires
Bonjour Véronique,
Difficile de commenter quand on ne connaît pas l'opinion et le sentiment de la personne intéressée et concernée par le billet ...
Cependant, d'une manière globale, cela pose toujours questions lorsqu'une formation et un parcours professionnel ne donnent pas accès à "l'emploi de ses rêves". Quelle est la raison ? Est-ce le marché de l'emploi qui sature de candidats en trop grands nombre ? ... La formation qui n'est plus adaptée aux demandes et attentes des entreprises ?
Toutes ces questions se posent et se reposent ... jusqu'au jour, où, enfin, la solution se dessine.
J'ai espoir dans le fait que chacun de nous peut trouver ou créer l'emploi qui sera au plus près de ses rêves. Continuons donc dans ce sens.
Belle journée.
Nathalie
Pourquoi en effet ne pas créer le job de ses rêves???!!! Consultant en RH spécialisé dans la grade distri c'est sûr que ca peut marcher avec un bon carnet d'adresse et une expérience dans le secteur!
Véronique.... ou quand le coeur prend la plume... Je reconnais bien là, Véronique prête à aider son prochain (et je sais de quoi je parle).
Pour connaitre un peu mieux Christian depuis quelques temps, je ne peux qu'adhèrer à ton billet tant j'ai été touchée par la force qu'il a puisée en lui en acceptant ce job pour garder la tête hors de l'eau, pour faire le bonheur des siens et s'assurer qu'ils ne manquent de rien... Chapeau bas Christian ! tu sais où me trouver : là où il y a une pizza et deux oreilles pour t'écouter
Merci Véronique, bises
Bonjour Nathalie, merci de votre commentaire.
Alexandre: oui, mais cela suppose tout un tas de choses; enfin, c'est à lui d'en juger, mais merci.
BJC, tu as raison de lui proposer pizza et changement d'idées et je t'en proposerai bien une (plutôt crépes) mais on est un peu loin
Quelle généreuse initiative en effet ! Comme je l'ai écrit il y a deux minutes sur le blog de l'intéressé, c'est injuste dans toute sa splendeur ; toutefois, je suis admirative de sa pugnacité, son courage et son humilité... et il y en a tant d'autres dans ce cas...
Encore merci Véro de ce que tu es...
Je comprends l'émotion. Il y a aussi d'anciens dockers qui ont réussi (parfois brillamment) dans les affaires. Une pensée pour les jeunes ingénieures agro (dont les parents ont payé de chères études) qui se retrouvent à devoir travailler "à la chaine" sans savoir si elles seront reconnues un jour dans ces métiers d'hommes. La première difficulté dans les "bad jobs" est de tenir le coup physiquement. Ce n'est pas donné à tout le monde, même si les techniques ont évolué, par exemple dans le nautisme... La seconde difficulté, est la remise des neurones en service ensuite lors du retour en grâce. Il y a un roman de Kundera qui raconte ce genre d'expérience, je l'ai prêté à je ne sais plus qui, encore un de perdu.
@Sylve: je voudrais surtout être efficace; la générosité est facile, l'efficacité réelle est autre.
@ R.G: oui, une jeune diplômée bac + 5 me disait la même chose ce matin de bon nombre de ces copains.
Merci pour votre générosité...
Je reste positif et pense que cela s'arrangera bien un jour... Mais il y a tout de même pire situation encore que la mienne !
J'ai eu la chance de pouvoir reprendre des études à 40 ans, certain n'en auront jamais les moyens et ce, tout au long de leur vie...
J'ai eu la chance de pouvoir exercer divers métiers, être polyvalent et évoluer en responsabilités et en salaires... Certain n'en auront là encore jamais les moyens...
Les temps sont durs pour toutes et tous, le marché de l'emploi est difficile à pénétrer lorsque les critères de choix sortent d'un certain cadre fixé par certain corporatismes... qui font la loi de l'offre et de la demande... Si aujourd'hui, j'ai accepté ce CDD payé au smic, c'est que je n'avais plus le choix en terme de survie personnelle, un an & 1/2 à tourner en rond comme dans une cage, je n'en pouvais plus... Bien sûr, un poste de consultant en recrutement m'aurait vraiment plu, mais la profession n'est pas encore prête pour des hommes expérimentés et trop polyvalents comme moi, le consultant en recrutement doit être issu du recrutement, un point, c'est tout... Un poste de responsable de magasin aurait été mieux aussi, mais je suis maintenant trop vieux et trop diplômé, un poste de magasinier alors ? Trop d'expériences (même en trichant sur le CV)... Gardien de nuit dans un hôtel ? ben non il faut de l'expérience ce coup là ! Et bien manutentionnaire en trichant complètement ? Ben oui, là, ça marche... Alors je fonce, tout simplement...
Restons Zen ! mon heure viendra bien un jour ou l'autre...
Merci encore pour votre soutien.