Drôle d'emploi
Par Véronique Rabuteau le lundi 7 juillet 2008, 19:35 - Communauté - Lien permanent
Feuilleton de l'été ou plus joliment "Conte estival" comme le dit si bien Touline; voici donc la suite de notre histoire écrite à plusieurs mains (pour l'instant deux, enfin, quatre à deux, mais d'autres vont arriver, dont Evy).
Touline a planté le décors, installé une ambiance, et trouvé un titre: "Drôle d'emploi" qui, même s'il n'est que provisoire (quoique?), nous permet d'avancer.
Le récit n'étant pas encore trop long, je le publie dans son intégralité.
"La chercheuse d'emploi que je suis, franchit aujourd'hui les portes de la société Fernston. Malgré son nom à consonance anglo-saxonne, il n'en est rien. Il s'agit bien d'une société française, fusion-acquisition récente de deux entreprises. Vous imaginez mon sentiment en pénétrant pour la première fois dans ce hall, d'une démarche qui se veut assurée - mais pas trop - pour atteindre le comptoir d'accueil et demander les ressources humaines, Mr Christophe Chavalier, avec qui j'ai rendez-vous..."
Une collaboratrice du service ressources humaines me rejoint en souriant et m’accompagne au premier étage jusqu’à un salon d’attente. Elle me laisse après un énigmatique « mettez-vous bien à l’aise ».
Seule dans la pièce, je jette un rapide coup d’œil sur mon environnement et remarque de nombreuses plantes vertes, un distributeur de café, une fontaine à eau, des fauteuils crapaud aux couleurs audacieuses, une table basse profilée avec quelques revues artistiquement entrelacées de plaquettes Fernston et aux murs des reproductions de fresques probablement étrusques.
Ce confort implique-t-il une longue attente ? Mon œil cherche celui d’une caméra inquisitrice éventuelle… sans succès, ce qui me rassure un peu.
Je prends place sur le crapaud violet et attrape le rapport d’activité de la société dans l’intention de le feuilleter quand je sens sur ma nuque un regard insistant qui me pousse à me retourner.
Mon premier tour d’horizon ne m’avait curieusement pas permis de découvrir, entre deux fresques, ce portrait qui me dominait. Tout droit échappé d’une galerie de portrait de famille ou d’un musée, ce personnage portait barbiche, monocle, haut de forme et son col à manger de la tarte lui donnait l’air hautain qui sied à un industriel arrivé et imbu de sa personne.
M’approchant pour tenter de découvrir son nom ou quelques indications de date ou de lien avec la société, j'entends la porte s’ouvrir"…
"Ah! Je vois que vous avez choisi le crapaud violet"... me lance l'homme qui vient d'entrer dans la pièce. Comment a-t-il su? Oui, mon sac à main posé juste à côté du fauteuil. Il s'avance vers moi. Costume gris bleu, chemise blanche, pas de cravate, belles matières et belles chaussures. Ah! les chaussures, un détail qui classe un homme aussi surement que sa montre.
Rien à dire ici, tenue irréprochable, aisance, et poignée de main, cordiale. Sans doute se livre-t-il au même exercice rapide que moi. Ma vieille veste de tailleur va-t-elle passer l'épreuve?
"Je plaisantais avec le fauteuil violet, rassurez-vous je n'en déduirai rien. Prenez place". Il me désigne la table impeccable et déserte, sortie tout droit du catalogue d'un designer italien, plantée au milieu de l'autre pièce.
Quelques instants d'installation pendant lesquels mon esprit se concentre sur les gestes essentiels. Lui est déjà assis. La décoration de cette pièce est réduite à sa plus simple expression, à l'exception d'une grande photo représentant Moscou (?) On y distingue la silfhouette de quelques clochers dorés en forme de bulbes, des croix orthodoxes; un groupe d'hommes, qui semble poser pour la photo, mi souriant, mi sérieux. Mon interlocuteur n'a aucun papier devant lui, pas même mon CV.
Curieux. Ou bien cet homme a tout en tête, ou bien il ne m'accorde que peu d'importance. Le poste serait-il déjà pourvu? Non. Laissons-lui le bénéfice du doute. Il semble détendu (contrairement à moi). Il doit être très fort. Oui, c'est ça. Evidemment, c'est valorisant de penser que l'interlocuteur qui va s'intéresser à vous est un interlocuteur de qualité. " Je dois vous avouer quelque chose" reprend-t-il "Le poste pour lequel vous avez postulé, n'est pas, disons, exactement celui dont vous avez pris connaissance..."
Qui prend la suite ?




Commentaires
Bravo ! Cela se complique... et toujours le mystérieux...
Vous souhaitez savoir où je suis pour éventuellement me venir en aide... merci d'abord pour l'intention.
Je suis sur Rennes actuellement et ma mobilité est centrée sur les bassins d'emplois de Rennes et Nantes. (autres villes du grand ouest à étudier).
On peut égalament échanger directement par mail si vous le souhaitez : cxu-788-wkb@tele2.fr
Oh Oh Oh ! (non ça c'est le père Noël)
Whoua ! quelle belle plume !
ça serait bien que cela ne reste pas un conte "ping pong"... dès que j'ai le cerveau libéré, promis je m"y colle. mais ça va être dur derrière deux talents comme les vôtres ! j'attends la suite avec impatience
@cxu: merci de votre passage; je reprends contact.
@BJC: oui, j'y pensais hier au "ping-pong"! Tu as des talents de chroniqueuse indéniables, donc, quand tu t'y mettras, ça sera super; d'ici là, t'inquiètes, nous n'allons pas ping-ponguer bien longtemps
Bravo pour votre talent à toutes les deux.
Si j'osais je m'y mettrais mais vous avez placé la barre très haut. Peut-être après encore quelques lignes ajoutées ! C'est une très bonne initiative en tout cas ce conte estival...
@Merci Malory, on t'attend avec grand plaisir; et, puis, on a l'été devant nous
Et 3 lignes peuvent suffire pour changer le cours de l'histoire !
..."Tout d'abord, permettez moi de vous offrir quelques chocolats à la liqueur de framboise, mes préférés.
Cet homme a vraiment toutes les qualités : subtil, homme de goût, mais que me cache-t-il donc, quelle est cette mystérieuse mission ? cet étrange travail qui doit m'être confié ?
Le petit chocolat m'attendrit et me détend. Je commence à être en confiance..."
- En effet, chère Madame, ce rendez-vous fait de vous une personnalité exceptionnelle ; vous avez été choisie parmi plus de 1000 personnes. La foudre s'est jetée sur vous en quelque sorte. Il s'agit d'une mission scientifique ; vous devez vous rendre dans l'espace dans un but précis, très précis.
- Mais je ne comprends pas !!! votre annonce proposait un poste de gestion administrative dans vos locaux de Rungis, et vous proposez de m'envoyer dans l'espace !!!
Je m'agrippe à mon sac à main et m'apprête à rebrousser chemin quand deux hommes encadrent la porte et m'empêchent de sortir. Je commence à paniquer, mon front transpire, mes mains également, tandis que mes dents et mes genoux s'entrechoquent ..."
Voici donc ma prose, comme elle ne me plaît qu'à moitié, je vous la soumets ; si elle vous va, je la mets sur mon blog ! et quelqu'un prendra alors la suite !
@Carole: ben, il ne faut pas hésiter (mais il faut que tu en sois contente!). Avec ta suite on à de quoi inventer des tas de choses.
La suite est en écriture chez moi...
La suite est ici :
http://duvernoisevelyne.blog.rhonea...
J'espère avoir posé quelques bases et avoir mis un peu de "suspens à la james bond..."