C'est dimanche...occasion d'une histoire
Par Véronique Rabuteau le dimanche 2 mars 2008, 11:10 - Personnalité - Lien permanent
Il était une fois....
Voici ci-dessous l'endroit où j'ai passé mon enfance...
La Martinique, dont on voit ici la Plage et le Rocher du Diamant. Si je l'évoque c'est parce que c'est aussi aussi l'occasion de vous raconter une histoire, celle du 8 mai 1902, que certains doivent connaître.
Ce jour là, la ville de Saint-Pierre, au Nord de l'île, a été entièrement détruite par l'éruption de la Montagne Pelée qui la domine. 40.000 victimes. C'était la capitale d'alors, surnommée Petit Paris, et elle fut détruite, en moins de trois minutes.

Cet évènement m'a marqué, et je n'ai eu de cesse de collecter les témoignages sur le sujet (livres, documents, objets). Il y a avait quelques journalistes, c'était une période électorale, et on a reproché aux autorités de l'époque d'avoir relativisé le danger afin de conserver des électeurs sur place...Car les signes avant coureurs étaient nombreux et, en même temps, l'activité suivait son cours, comme toujours. Saint-Pierre était une capitale économique et culturelle active, et de nombreux bateaux étaient au mouillage dans sa baie, qui assuraient le commerce avec tout l'arc antillais, les Etats-Unis et la France. Eux aussi furent détruits. Aujourd'hui les touristes peuvent plonger pour voir leurs épaves dans la baie. Même les plages gardent la trace de l'éruption, leur sable est noir, mordoré.

Mon arrière grand-père maternel vivait à Saint-Pierre; sa femme était partie à Fort de France la veille de l'éruption. Lui devait prendre un bateau à 14 heures le 8 mai. Le matin, sans trop savoir pourquoi, il a l'intuition de quelque chose et se décide à prendre le bateau de 6 heures. Décision qui lui a sauvé la vie... Il lui restait la vie et sa famille, mais plus rien d'autre. Il a pris le premier bateau pour les Etats-Unis et s'est installé dans le New-Jersey, où est né mon grand-père. Il y est devenu agriculteur. Quelques années plus tard, il est revenu à la Martinique et à recommencé sa vie là-bas. Mon grand-père est aujourd'hui enterré sur les pentes du volcan, dans la même ville de Saint-Pierre...
J'ai passé des étés mémorables sur les pentes de ce volcan tropical; ma grand-mère tenait un restaurant dans la montagne, dernier point juste avant le départ des excursions pour la gravir. L'humidité est partout, la brume souvent aussi, les nuages qui s'accrochent aux pentes, aux feuilles des fougères arborescentes et des orchidées sauvages. Je pourrais en parler des heures, mais ce n'est pas le but! Ce qui est certain, c'est que mon imaginaire est nourri de tout cela et pour longtemps...





Commentaires
J'aimerais t'entendre en parler des heures....
Bonjour,
Merci pour l'info !
cela doit être passagé car j'ai testé avec IE et Firefox et cela fonctione avec ces 2 navigateurs.
Tu t'occupes de ces 3 Blogs ? Bravo !
Moua
Une belle histoire , riche en émotions, et un magnifique paysage.
Quand on a vécu dans un cadre comme celui-ci, je comprends que les racines ne s'en arrachent pas.
Merci pour ce voyage.
Merci Véronique pour cette belle "légende" !
... superbe histoire familiale... et superbe endroit mythique... Je suis allée aux Antilles plusieurs fois, il est vrai que ce qui revient en premier ce sont ces odeurs tropicales de chaleur et d'humidité... un bonheur olfactif qui me rappelle également bien des souvenirs... merci à toi de cette heureuse escapade !
@Touline: merci d'encourager ma pente naturelle!
@Moua: de rien! et merci
@Régine: oui, ces racines là ne lacheront pas
@Carole: je n'oublies pas la recette du Colombo!
@Sylve: oui, parfois même, l'odeur du citron vert suffit à me faire voyager! Et toujours, dés qu'il fait douc et humide..
jolie histoire (mais un peu triste). Merci Véronique de nous faire voyager à travers ton histoire et tes belles origines.
Mo, promis, la prochaine (histoire) sera plus gaie. Je ne te promets de faire le clown, pas sûr que j'y arrive, mais peu faire mieux
C'est vraiment une belle histoire personnelle et familiale. Il me semble qu'il y avait eu un survivant... protégé par les murs de la prison, une autre histoire. Ce genre d'événement forge l'identité, on se dit que la vie ne tient qu'à un fil d'intuition. C'est aussi ce qui nous fait aller de l'avant, de savoir que nous sommes les héritiers de survivants. Si ces questions t'intéressent je te conseille de creuser la psychogénéalogie.
Merci FmR. Oui, il y a bien eu un survivant, il a fini sa vie paraît-il dans les cirques...comme souvent à l'époque.
La psychogénéalogie, en effet, plusieurs personnes m'en ont parlé, je finirai par aller voir.